À l'occasion du 60e anniversaire des accords d'Évian, conclus le 19 mars 1962, l'Institut français de l'audiovisuel (INA) a décidé de mettre en ligne les témoignages inédits de 66 personnes. La chaîne franco-allemande ARTE diffusera  une partie de ces documents ce 1er mars  dans une série documentaire intitulée « En guerre(s) pour l'Algérie ». C'est ainsi que cette chaîne compte commémorer des accords qui ont mis fin à plus de 7 ans de guerre et 132 ans de colonisation.

Ainsi, après le déclassement des archives de la guerre d’Algérie, l'INA diffuse à partir de ce 1er mars pas moins de 160 heures d'entretiens inédits sur la Guerre d'Algérie sur son site Ina.fr. Il s'agit des souvenirs de 66 témoins de la guerre. Ces témoins sont des Algériens, hommes ou femmes, ayant vécu les affres d'une guerre qui a marqué les deux peuples. Ces témoignages exclusifs seront également diffusés sur la chaîne européenne ARTE le 1er et le 2 mars à partir de 20 h 50.

Ces témoignages inédits  sont une première dans le travail de mémoire autour de la Guerre d'Algérie. Ils ont été réalisés par l'historienne Raphaëlle Branche et le réalisateur polonais Rafael Lewandowski, avec le soutien de l'Institut national de l'audiovisuel (INA). L'historienne et le réalisateur ont collecté 66 témoignages filmés en France et en Algérie lors d'entretiens d'environ deux heures chacun.

Ce recueil de témoignages a nécessité 3 ans de travail, pendants lesquelles les coauteurs et leur équipe ont réalisé 180 heures d'entretiens. Ils seront mis en ligne en intégralité dès ce 1e mars sur le site de l'INA, puis sur la plateforme éducative publique Lumni dès le 10 mars. Ces témoignages constituent la base de la série documentaire En guerre(s) pour l'Algérie, coproduite avec ARTE, qui diffusera les six épisodes de 52 minutes.

L'historienne Raphaëlle Branche, qui a participé à ce travail, a affirmé : « On voulait raconter la guerre selon plein de points de vue, donner à voir la multiplicité des expériences". "La perception de la guerre pour les gens à l'époque n'a pas commencé exactement en 1954. Il y a des gens pour qui elle a commencé avec l'arrivée des Français en Algérie, pour d'autres, elle a commencé en 1960 », explique-t-elle en soulignant que « parfois, les gens qui ont vécu la période ont du mal à se comprendre entre eux parce que selon qu'ils étaient à Oran, Uzès ou Strasbourg, leurs perceptions diffèrent ».