L’enclave espagnole de Mellia a été prise d’assaut, mercredi 2 mars, par des centaines de migrants subsahariens. Selon les autorités espagnoles, plus de 2 500 migrants ont tenté, dans la matinée, de franchir la clôture frontalière de Melilla et près de 500 parmi eux ont réussi à s’y introduire.

Après plusieurs mois d’accalmie, l’enclave espagnole de Melilla a renoué, hier, avec le déferlement massif de migrants clandestins. Selon les autorités espagnoles, près de 500 migrants originaires de l’Afrique subsaharienne sont parvenus à pénétrer à Melilla, lors de « la tentative de passage la plus massive jamais enregistrée dans cette enclave » située au nord du Maroc.

« Vers 9h30 un groupe de quelque 2 500 personnes originaires d'Afrique subsaharienne ont tenté un franchissement massif de la clôture frontalière de Melilla », a indiqué dans un communiqué la préfecture de Melilla, cité par l’AFP, avant d'ajouter que 491 migrants étaient parvenus à entrer dans l’enclave. « Il s'agit de la tentative d'entrée la plus importante jamais enregistrée à Melilla », a précisé la préfecture.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont montré des images impressionnantes de ces centaines de migrants subsahariens escaladant la clôture séparant le Maroc de l’enclave de Melilla. Malgré la riposte des forces de l'ordre marocaines, des centaines de migrants ont réussi à franchir la frontière et à rejoindre le territoire espagnol. « La grande violence employée par les migrants, équipés de crochets pour escalader la clôture grillagée et de bâtons, qui jetaient des pierres leur a permis de déborder les forces de sécurité marocaines qui tentaient de les empêcher d'atteindre la clôture », explique la préfecture de Melilla.

Un parti espagnol d’extrême droite accuse le Maroc

Selon des médias espagnols, 25 membres de la Garde civile et deux officiers de la police nationale espagnole ainsi que 20 migrants ont été blessés lors des affrontements. De son côté, l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) a fait état d'une trentaine de migrants blessés, dont trois ou quatre grièvement. Ces derniers ont été admis à l'hôpital Hassani à Nador, ville marocaine frontalière de Melilla.

Quelques heures après l’arrivée massive de ces migrants à Melilla, Santiago Abascal, le président du parti espagnol VOX, a demandé au gouvernement espagnol de déployer les forces armées aux frontières de Ceuta et Melilla. « Le Maroc a lâché des milliers d'hommes contre nos frontières à Melilla. L'armée doit être déployée au plus vite. Notre frontière sud-est attaquée en permanence », a écrit le chef du parti d'extrême droite sur son compte Twitter.

Cette entrée massive dans l'enclave de Melilla intervient moins d'un an après l'entrée de plus de 5 000 Marocains en mai 2021 à Ceuta, l’autre enclave espagnole située au nord du Maroc. Cette arrivée massive avait eu lieu dans un contexte de crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc, suite à l’affaire du chef du Polisario, Ibrahim Ghali, qui a été accueilli par Madrid pour des soins.

Melilla et l'autre enclave espagnole de Ceuta font régulièrement l'objet de tentatives de traversée de la part de migrants clandestins africains cherchant à rejoindre l'Europe. Durant l’année 2021, ils étaient 1 092 migrants à entrer Melilla, soit à peine plus du double du nombre de personnes entrées en une seule journée ce mercredi 2 mars 2022, d'après les chiffres du ministère espagnol de l'Intérieur.