La liquidité bancaire a atteint, au 6 mars 2022, 1500 milliards de dinars algériens, comme l'a indiqué la Banque d'Algérie. Cependant, les investisseurs peinent à obtenir des crédits. Cette situation, qui pénalise l'économie nationale, est devenue intenable pour les opérateurs économiques, qui ne cessent de dénoncer des blocages, alors que la Banque d’Algérie s'en lave les mains.

En effet, le gouverneur de la Banque d’Algérie réfute toute responsabilité de son institution dans cette situation. Il a indiqué que ce sont les banques qui sont réticentes à donner des crédits. Quant au secrétaire du Conseil de la monnaie et du crédit (CMC), de la même institution, Salah Eddine Taleb, il soutient que « la Banque centrale n’a pas envoyé de missives aux banques pour leur demander d’exiger des garanties ». « C’est la banque qui est responsable du risque auquel elle est exposée », a-t-il affirmé.

Ainsi, lors d’un panel sur la réglementation bancaire tenu à l’occasion du Forum Business Legal initié par la startup Legal Doctrine, le gouverneur de la Banque d’Algérie, Rostom Fadil, a précisé que le problème de liquidité monétaire ne se pose plus et que l’Algérie en a pour 3 ans de stock. Il affirme qu'« il faut voir le côté résilience. Dans ce cadre, tous les voyants sont au vert et la liquidité est là après les différentes crises, de celle de 2008 à la pandémie de covid-19 ».

Concernant les crédits, le gouverneur de la Banque d'Algérie explique que « c’est le projet qui est garant du crédit. Les banques sont libres. Elles doivent cependant prendre toutes les précautions dans l’étude des risques crédit ». Il ajoute que « les banques privées ne sont pas soumises à la pénalisation de l’acte de gestion, mais elles ne donnent pas de crédits ».

Afin de trouver une solution à ces problèmes exposés par les opérateurs économiques, les représentants de la Banque centrale d'Algérie ont proposé la mise en place d’un règlement permettant la concurrence entre les banques en matière d’octroi des crédits.

Réglementation des changes

L'autre souci mis en avant par les opérateurs concerne la réglementation des changes. Naziha Kaci, sous-directrice de la réglementation des changes, a affirmé que les facilitations sont également là. « Ce que nous avons fait en 4 ans, nous ne l’avons pas fait en 40 ans », a-t-elle assuré.

Naziha Kaci illustre ses déclarations en donnant comme exemple la dispense de domiciliation bancaire pour les start-up et les exportateurs de services conformément à l’instruction 06/2021. « Les lourdeurs n’existent pas au niveau des banques », indique-t-elle. Elle rappelle également que la démarche d’assouplissement est aussi appliquée pour le transfert des dividendes à l’étranger. « On n’a pas rencontré de problèmes à ce niveau », souligne Naziha Kaci.

Par ailleurs, en ce qui concerne les représentations bancaires à l’étranger, le gouverneur de la Banque d’Algérie a révélé que les textes sont en cours d’élaboration et seront prêts au deuxième semestre de l’année en cours, selon le gouverneur.