Avec en moyenne 1400 euros par mois de pension, les retraités algériens de France sont l'une des catégories qui souffrent le plus de la cherté des billets d'avion, que ce soit chez Air Algérie ou chez les compagnies étrangères qui desservent l'Algérie depuis la France. Depuis la fermeture des frontières en raison du coronavirus et la réouverture partielle au compte-goutte, leurs habitudes de retraités ont été complètement chamboulées suite à un appauvrissement criant.

Les prix exorbitants des billets d'avion font vivre des misères aux retraités algériens de France. Ils ne peuvent plus se permettre de faire la navette entre les deux pays, notamment pour des visites dans les centres de soin. En réalité, la situation actuelle d'Air Algérie et des vols entre la France et l'Algérie les affecte particulièrement. Et sur plusieurs plans.

Les chibanis, comme on les appelle dans l'Hexagone depuis des décennies, souffrent déjà de la rareté des vols qui les empêchent d'aller et venir entre la France et l'Algérie. Cette liberté de se déplacer leur permettait de bénéficier des soins nécessaires dans les établissements hospitaliers français. Certains d'entre eux reçoivent même des aides sociales qui les obligent à faire la navette entre les deux pays.

Une double peine pour les chibanis algériens

Mais, il y a quelque chose qui les empêche de faire cette fameuse navette entre la France et l'Algérie. Ce sont les prix exorbitants des billets d'avion affichés par Air Algérie, et surtout les compagnies Air France, Transavia, ASL Airlines, Vueling et Volotea. Quand on a 1000 euros de pension de retraite, on ne peut se permettre un vol à 1000 euros. Cette situation a obligé les chibanis à s'immobiliser, soit en Algérie, soit en France. Quand ils se retrouvent en Algérie, ils ne peuvent pas bénéficier de la continuité des soins, et s’ils sont en France ils sont contraints de demander de l'aide pour pouvoir vivre avec leur maigre retraite.

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En outre, même avec la hausse du nombre de vols entre les deux pays, notamment depuis l'annonce faite le 8 mars par le ministère algérien des Transports, les prix sont restés trop élevés pour les ressortissants algériens ayant pris leur retraite. Pire encore, pour réserver une place et acheter un billet, les vieux chibanis sont obligés de se déplacer vers les agences d'Air Algérie, étant incapables d'utiliser les nouvelles technologies pour ce faire.

Agence d'Air Algérie Paris Opéra : Des conditions d'accueil désastreuses

Selon un reportage du quotidien francophone Le Jeune Indépendant, ils sont très nombreux ces vieux retraités algériens à s'agglutiner devant l'agence Air Algérie de l'avenue de l'Opéra, à Paris, pour s'offrir des billets ou pour tout autre service. Les conditions d'accueil étant désastreuses, ils sont les plus exposés à toute sorte de désagréments.

Les queues interminables devant l'agence sont déjà une source de différents malaises que les vieux Algériens peuvent vivre, surtout que le climat n'est pas toujours clément. Ces longues attentes sont également une source de nervosité qui se termine souvent par des disputes, et ce, sur le trottoir de cette avenue, devenue au fil du temps comme un symbole du calvaire des Algériens en général et des retraités en particulier.

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Le quotidien francophone fait bien d'évoquer la cherté des billets d'avion, car dans le reportage, le témoignage d'un cadre montre clairement la détresse des Algériens de France devant les prix inadmissibles affichés par les compagnies aériennes. « Même avec un salaire de 4000 euros, dont 35 % sont engloutis par le loyer, je ne peux pas me le permettre », a-t-il asséné.

En réalité, avec des tarifs aussi élevés, même un cadre est obligé de changer ses habitudes. D'ailleurs, avec cette crise sanitaire qui s'est répercutée sur la circulation aérienne, il est rare de voir des familles algériennes embarquer dans un avion. Avec environ 500 euros le billet, une famille de 5 personnes doit débourser 3000 euros uniquement pour le voyage. Alors que faut-il penser des pauvres retraités avec leurs maigres pensions.