Dans son projet de lutte contre le séparatisme, notamment l’extrémisme islamiste, le ministre de l’Intérieur français vient de subir un revers. En effet, dans une ordonnance diffusée le 26 avril, le Conseil d'État rejette le recours du ministère de l'Intérieur sur la fermeture de la mosquée de Pessac, en Gironde.

Ainsi, les responsables de ce lieu de culte remportent une bataille juridique. Le lieu de culte va donc pouvoir rester ouvert. Le Conseil d'État a rejeté le recours du ministère de l'Intérieur, qui demandait la fermeture temporaire du lieu de culte Al Farouk. Pour l'institution, « la préfète de la Gironde a pris une mesure de police qui porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte ».

Ce revers du ministère de l’Intérieur parvient après celui du 23 mars devant le tribunal administratif. Après la saisine par l'association Rassemblement des Musulmans de Pessac de ce tribunal, la justice a « suspendu l'arrêté de fermeture ». Le porte-parole de l'association avait affirmé que « cette décision constitue un véritable revirement » et que « les musulmans de Pessac vont pouvoir continuer à se réunir en toute dignité à l'approche du mois sacré de Ramadan ». De son côté, la préfecture avait introduit, par la voix du ministère de l'Intérieur, un appel de la décision devant le Conseil d'État.

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La mosquée de Pessac soupçonnée de diffuser « une idéologie salafiste »

La préfecture de la Gironde avait décidé de fermer ce lieu de culte pour une durée de 6 mois, le 14 mars. La mosquée a été soupçonnée par les autorités de diffuser « une idéologie salafiste ». Suite au recours de la préfecture, qui a affirmé que même si la mosquée de Pessac a publié sur internet des textes qui « incitent au repli identitaire et contestent le principe de laïcité », elle estime que « ces publications ne présentent pas, compte tenu de leur teneur et dans les circonstances de l'espèce, un caractère de provocation à la violence, à la haine ou à la discrimination ».

L’avocat de l'association Rassemblement des Musulmans de Pessac, Me Sefen Guez Guez, a salué une « victoire » et affirme que « rien dans le dossier présenté par le ministère de l'Intérieur ne permet de rapprocher la mosquée de Pessac de l'incitation à la commission d'acte terroriste ». Le ministère de l’intérieur français perd ainsi une bataille juridique dans un contexte politique où la lutte contre l'islamisme est soumise à la surenchère politique entre les partis de droite et d’extrême droite française.