Il a 67 ans, il est jugé pour des faits d’agression à l’arme blanche. Ce fait divers concernant un Marocain en France relève plutôt de l'insolite. En effet, le Marocain a été jugé pour avoir poignardé à quatre reprises un homme qu'il avait qualifié de « sorcier » et qu’il accuse de la mort de son fils et du défunt roi du Maroc Hassan II.

Ce Marocain jugé devant la justice française a été arrêté en 2019. Il résidait déjà en France depuis 40 ans et avait poignardé un homme à quatre reprises dans sa voiture à Stiring-Wendel. Les policiers, arrivés sur les lieux, avaient trouvé la victime au volant de sa voiture avec plusieurs blessures profondes au niveau du ventre. Ils ont également  trouvé 500 euros dans cette voiture. À quelques mètres du véhicule se trouvait l’auteur présumé de l'agression.

La victime a été hospitalisée pendant 50 jours, dont 15 jours dans le coma. Pour expliquer cette agression à l'arme blanche, l’auteur présumé a accusé la victime d’être « un terroriste et un sorcier ». Il avait affirmé qu’il voulait l'arrêter pour le mettre hors d'état de nuire. Il faut dire que ces deux hommes ont vécu dans le même foyer il y a 40 ans. La victime est « une sorte d’imam qui fait des prières chez les gens », explique la présidente du tribunal Aurélie Fine pendant le procès.

Quant au prévenu, âgé de 67 ans, il a expliqué qu'il versait à sa victime la somme de 300 euros chaque mois depuis 20 ans pour qu’il protège ses proches. Cependant l' « imam » n’a pas réussi à accomplir sa mission selon toujours l'agresseur. Ce dernier justifie cet échec par la perte de son fils, qui a mis fin à ses jours il y a quelques années. Il reproche donc à la victime de ne pas avoir protégé son fils. L'agresseur explique aussi que la victime, qu'il qualifie de « sorcier », est responsable de la mort de l’ex-roi du Maroc, Hassan II, décédé en 1999 et de bien d’autres personnes.

D’après  l’expertise psychiatrique, le prévenu ne souffre d’aucun trouble du comportement. Il est un homme introverti et influençable, ayant subi un déracinement total lors de sa venue en France. Le Procureur de la République indique qu'il y a un « doute sur la volonté de donner la mort, mais pas sur l’intention de porter des coups ». Il requiert trois ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis. Le verdict est mis en délibéré pour le 8 juin 2022.