Une affaire de fraude présumée aux documents d’identité et à la nationalité algérienne a été révélée à la suite d’une enquête menée dans le sud du pays. Plusieurs personnes, dont des employés communaux, sont soupçonnées d’avoir participé à un système de falsification de documents administratifs destinés à des ressortissants étrangers. L’affaire doit prochainement être examinée par la justice.
Neuf personnes, dont des employés de la commune de Tindouf, doivent comparaître le 27 octobre 2026 devant le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda, à Alger. Selon les informations rapportées par Echorouk, les prévenus sont mis en cause dans une affaire de falsification présumée de documents administratifs visant à permettre à des ressortissants africains d’obtenir des pièces d’identité algériennes.
Les investigations ont révélé l’existence présumée d’un système reposant sur la constitution de dossiers administratifs frauduleux. Les documents concernés comprenaient notamment des actes de naissance, des certificats de résidence, des certificats de nationalité et des pièces nécessaires à l’obtention de cartes nationales d’identité biométriques.
Faits-divers 61 marocains arrêtés en Algérie pour des faits graves
Les sommes demandées pour ces démarches auraient varié entre 15 et 20 millions de centimes, soit entre 150 000 et 200 000 dinars, par document. Les enquêteurs soupçonnent également des agents administratifs d’avoir facilité la délivrance de certaines pièces.
Faux documents d’identité : une interpellation à Tindouf à l’origine de l’enquête
L’affaire remonte au 21 avril 2025, vers 10 heures, lorsque les services de la police judiciaire ont interpellé deux personnes au service des documents biométriques de Tindouf. L’une d’elles tentait de déposer une demande de carte nationale d’identité au nom d’un homme présenté comme étant né le 30 novembre 2000 dans cette wilaya.
Les vérifications ont révélé que le demandeur était en réalité un ressortissant malien né le 2 juin 2000 à Tombouctou. Entré irrégulièrement en Algérie, il aurait versé 150 000 dinars à un intermédiaire pour obtenir les documents nécessaires à sa demande.
Lors de son audition, l’intéressé a également évoqué une femme qui lui aurait initialement proposé des documents algériens contre 200 000 dinars. Un accord aurait ensuite été conclu pour 180 000 dinars, avant l’intervention d’un autre intermédiaire.
Faits-divers "Je reviendrai en Suisse" : le témoignage d’un jeune Algérien menacé d’expulsion
Une perquisition effectuée au domicile de ce dernier a permis la saisie de 148 000 dinars et de plusieurs dossiers administratifs. Les policiers ont notamment découvert des actes de naissance et des documents établis au nom de personnes présentées comme appartenant à une même famille.
Nationalité algérienne : des actes de naissance suspects dans les registres électroniques
Les investigations se sont poursuivies auprès des services de l’état civil de Tindouf. Les enquêteurs ont constaté que plusieurs actes de naissance figuraient dans le registre électronique, mais étaient absents des registres papier. Les services municipaux ont confirmé que trois des documents examinés étaient falsifiés.
L’analyse des opérations informatiques a également permis d’identifier un compte utilisateur ayant servi à modifier certaines données. Ces constatations ont amené les enquêteurs à soupçonner l’implication d’employés communaux dans la manipulation des registres administratifs.
Au cours d’une autre perquisition, les policiers ont découvert un cahier de 96 pages contenant des noms et des années de naissance, ainsi qu’un acte de naissance falsifié. Une somme de 15 000 dinars a également été saisie. Les vérifications ont par ailleurs révélé que certains certificats de nationalité avaient été délivrés sur la base d’actes de naissance considérés comme faux.
Faits-divers Royal Air Maroc : 10 000 euros d’amende en France pour une affaire de passeport
Fraude aux documents algériens : quelles accusations contre les prévenus ?
Les neuf personnes mises en cause font l’objet de poursuites pour plusieurs infractions, selon leur implication présumée. Les accusations portent notamment sur la falsification de documents officiels, l’abus de fonction, la manipulation frauduleuse de données informatiques et la délivrance irrégulière de documents administratifs.
D’autres prévenus sont poursuivis pour usage de faux documents, obtention frauduleuse de certificats et facilitation du séjour irrégulier d’étrangers sur le territoire algérien. L’affaire doit être examinée le 27 octobre 2026 par le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda, à Alger.
