L'économie mondiale va mal et les prévisions des experts sont de plus en plus pessimistes. D'après la maison de courtage Nomura Holding et la Banque d'Angleterre, les plus grandes économies risquent désormais de rentrer en cession. Ces deux institutions ont en effet alerté, le 5 juillet, sur les risques de récession qui menacent l'économie mondiale.

Ainsi, dans un rapport de la maison de courtage Nomura Holding, on lit qu'un bon nombre des principales économies mondiales tomberont en récession au cours des 12 prochains mois. « Nous pointons du doigt depuis plusieurs mois les risques de récession et nous n'avons pas bien réagi. Et maintenant, de nombreuses économies développées tombent en récession », regrette Rob Subbaraman, responsable de la recherche sur les marchés mondiaux. Cette récession devient donc imminente, alors que les Banques centrales s'apprêtent à resserrer agressivement leur politique monétaire pour lutter contre la montée de l'inflation[1]Union européenne : La BCE adopte des mesures choc pour contrer l’inflation.

Outre l'économie des États-Unis, celles de la zone euro, du Royaume-Uni, du Japon, de la Corée du Sud, de l'Australie et du Canada sont également devant des défis difficiles à relever. « Les Banques centrales du monde entier ont maintenu trop longtemps une politique monétaire super-accommodante en espérant que l'inflation serait transitoire. Maintenant, les gouvernements doivent rattraper leur retard et essayer de reprendre le contrôle du récit de l'inflation », explique Subbaraman, qui note que lorsque de nombreuses économies s'affaiblissent, vous ne pouvez pas compter sur les exportations pour la croissance. C'est à partir de ce constat que cet expert déclare : « C'est une autre raison pour laquelle nous pensons que ce risque de récession est très réel et se produira probablement ». Cependant, il relativise cette récession aux États-Unis. Pour cette puissance économique, la récession attendue sera « peu profonde, mais longue de 5 trimestres à partir du dernier trimestre de 2022 ».

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Perspectives sombres pour l'économie mondiale

Quant à l'Australie, le Canada et la Corée du Sud, elles risquent de connaître des récessions plus profondes que prévu si les hausses de taux d'intérêt déclenchent une crise immobilière et un désendettement. Le rapport affirme également que « l'intrus est la Chine, qui se remet de la récession alors que l'économie se déverrouille au milieu de politiques accommodantes, bien qu'elle risque de renouveler les fermetures et une autre récession ; tant que Pékin s'en tient à sa stratégie zéro-covid ».

Par ailleurs, la Banque d'Angleterre a demandé aux banques centrales d'augmenter leurs réserves de capitaux pour s'assurer qu'elles pourraient résister au choc, en avertissant que les perspectives économiques – aussi bien au Royaume-Uni qu'au niveau mondial – s'étaient dégradées depuis le début de l'année 2022. « Les perspectives économiques mondiales se sont nettement détériorées. Les conditions financières mondiales dans leur ensemble se sont considérablement durcies », indiquait hier le gouverneur de la banque, Andrew Bailey, qui explique aussi que la suite des événements en Ukraine est le principal facteur déterminant pour l'évolution de la situation économique. « Dans un contexte de forte volatilité, les conditions de liquidité se sont détériorées même sur les marchés habituellement très liquides, tels que celui des bons du Trésor américain, des gilts[2]Gilt, Wikipédia», ajoute le même responsable.

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