L'économie mondiale est au bord du gouffre. Plusieurs organisations internationales tirent la sonnette d'alarme. C'est le cas du fonds monétaire international qui prévoit une récession mondiale. Sa directrice a exhorté les dirigeants du G20 à se mobiliser face à des perspectives mondiales « exceptionnellement incertaines », lors de la réunion hybride des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du Groupe des vingt (G20) . 

« J’aurais souhaité que les perspectives économiques mondiales soient aussi radieuses que le ciel de Bali ; ce n’est malheureusement pas le cas. La situation s’est considérablement assombrie et l’incertitude est exceptionnellement élevée. Les risques de détérioration contre lesquels le FMI avait déjà lancé des mises en garde se sont concrétisés », constate d'emblée Kristalina Georgieva. Elle ajoute que « la guerre en Ukraine s’est intensifiée, exerçant des pressions supplémentaires sur les prix des matières premières et des denrées alimentaires. Le resserrement des conditions financières mondiales est plus important que prévu. Enfin, les perturbations liées à la pandémie et les nouveaux goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement mondiales pèsent sur l’activité économique ».

Tous les voyants sont donc au rouge selon cette responsable qui apporte de mauvaises nouvelles. « Nous annoncerons dans le courant du mois une nouvelle révision à la baisse de nos projections pour la croissance mondiale en 2022 et 2023, dans la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale. En outre, les risques de détérioration demeureront et pourraient s’aggraver, en particulier en cas de persistance de l’inflation, ce qui nécessiterait des interventions encore plus poussées des pouvoirs publics, qui pourraient avoir des répercussions sur la croissance et exacerber les effets de contagion, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement. Les pays dont le seuil d’endettement est élevé et la marge de manœuvre limitée seront confrontés à des tensions supplémentaires », déclare la directrice du FMI.

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La lutte contre la famine, une priorité

Pour faire face à cette situation, cette responsable explique que « les pays doivent faire tout leur possible pour faire baisser l’inflation, faute de quoi, la reprise pourrait être compromise et le niveau de vie des personnes vulnérables se dégrader davantage ».  Elle indique aussi que « la politique budgétaire doit appuyer, et non entraver, les efforts des banques centrales pour maîtriser l’inflation ». En ce qui concerne la famine qui pourrait toucher les pays pauvres, Kristalina Georgieva plaide pour « un nouvel élan de coopération mondiale » qui « sera essentiel pour faire face aux multiples crises auxquelles la planète est confrontée. Nous avons besoin du leadership du G20, en particulier pour répondre aux risques liés à l’insécurité alimentaire et à un niveau d’endettement élevé ».

Pour cette responsable du FMI, tout n'est pas aussi sombre toutefois. « Je me félicite que la sécurité alimentaire soit un thème central de ces réunions. L’insécurité alimentaire est synonyme de faim pour des millions de personnes. Il s’agit pourtant d’un problème qui peut être résolu. De concert avec les dirigeants de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de la Banque mondiale, du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le FMI appelle la communauté internationale à intensifier ses efforts et à collaborer pour venir en aide aux personnes dans le besoin, lever les restrictions à l’exportation, promouvoir la production alimentaire et investir dans une agriculture résiliente face au changement climatique », a-t-elle martelé.

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La présidente du FMI conclut par un appel à prendre en considération la question écologique. « Pour terminer, nous ne pouvons pas perdre de vue la crise la plus urgente de toutes : le changement climatique. Il est impératif d’accroître les ressources financières consacrées à la transition climatique, et il est essentiel que les États signalent clairement leur volonté de décarboner leur économie. La baisse des prix de l’énergie offre aux pays une opportunité d’accélérer la tarification du carbone ou des mesures équivalentes », explique-t-elle en assurant que « le FMI continuera d’appuyer le G20 sur ces priorités et sur d’autres. Je me réjouis de vous retrouver à notre prochaine réunion en octobre ».