Trouver un logement à louer à Paris constitue un vrai casse-tête, surtout lorsqu’on est un étranger aux revenus modestes. C’est le cas de ce ressortissant algérien qui, faute de moyens financiers et surtout en méconnaissance des lois régissant les loyers en France, s’est retrouvé contraint de louer un logement d’à peine plus de 4 m² à Paris pour la somme de 550 euros par mois.

Arrivé il y a près de cinq ans en France, Massi, un ressortissant algérien qui a choisi de s’installer à Paris, s’est retrouvé face à la difficulté de se loger. D’ailleurs face à la crise du logement dans la capitale française, des milliers de personnes vivent dans des appartements trop petits et insalubres. C’est le cas de Massi, qui a témoigné de sa situation dans les colonnes du journal Le Parisien[1]VIDÉO. Massi, locataire d’un 4 m² à Paris : «C’est angoissant, c’est comme une tombe», Le Parisien.

Depuis son arrivée en France en 2017 ce ressortissant algérien, qui exerce comme serveur dans un bar à Paris, vit un véritable calvaire. Depuis quatre ans, Massi loue un logement de 4,70 m² pour 550 euros par mois. Il avait signé le bail à l’époque, sans savoir que la loi française interdit la location d’un logement de moins de 9 m² de surface et une hauteur sous plafond de 2,20 m.

« Quand je suis arrivé sur Paris en 2017, j’ai dû trouver un logement rapidement », explique Massi. « J’ai donné 300 euros à une agence pour qu’ils me cherchent un logement. On était sept ou huit ce jour-là à visiter les lieux. La propriétaire m’a dit vous, vous me plaisez. Le logement est pour vous », ajoute-t-il. Sur le bail, il est inscrit que le volume du logement est de 24 m3. Ce qui est donc réglementaire, puisque la loi impose un volume habitable d'au moins 20 m3. Or, ce studio loué par Massi, avec ses 4,7 mètres carrés et sa faible hauteur sous plafond, est loin de répondre aux normes, précise la même source.

Massi a préféré « souffrir » dans un 4,7 que de « vivre dans la rue »

Cela suppose donc que la propriétaire avait réalisé le contrat au ressortissant algérien en trichant sur la superficie et le volume du studio. Face à l’urgence de trouver un toit, Massi s’est retrouvé contraint de vivre dans ce petit studio au rez-de-chaussée, rue des Vignolles, à Paris, non sans subir un vrai calvaire. « Je dois me tordre pour accéder à mon lit tellement le plafond est trop bas », témoigne Massi, qui affirme avoir préféré « souffrir » dans ce pseudo-studio que de « vivre dans la rue ».

Confronté à des problèmes de moisissures et de canalisation dans son appartement, Massi prend contact en mars 2022 avec les services d’hygiène de la ville de Paris. Lors de leur visite, les services techniques de l’habitat constatent immédiatement  que le logement n’a même pas les dimensions légales pour être loué. « Ici, je ne connais pas la loi. Quand j'ai compris que c'était une arnaque, ça m'a vraiment fait mal au cœur », confie Massi.

C’est à partir de là que Massi contacte l’association Droit au Logement (DAL) pour trouver un logement décent et être aidé dans ses démarches, ajoute Le Parisien. Devant cette situation, la mairie de Paris s’est montrée solidaire avec le ressortissant algérien en allant jusqu’à affirmer que la loi sera appliquée contre le propriétaire de ce logement. « Le ou les propriétaires doivent être poursuivis. Il faut montrer que la peur peut changer de camp et que le droit est du côté des locataires », explique Ian Brossat, l’adjoint de la maire de Paris en charge du logement.