Le marché de l'automobile constitue l'un des dossiers majeurs qui restent en suspens en Algérie. Depuis l'arrêt de l'importation de voitures décidée prise par le gouvernement algérien en 2017, suivi de deux années par la fermeture des usines de montage, le client algérien se retrouve privé de la possibilité de s'offrir une voiture neuve. Devant cette situation, l'Association algérienne des concessionnaires automobiles (AACA) a adressé une lettre aux autorités, où elle estime qu'un retour de l'importation de voitures est « incontournable ».

Les années passent et le problème du marché de l'automobile n'est toujours pas réglé en Algérie. Les nombreuses annonces faites par les autorités algériennes – à commencer par le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune – sur le dossier de l'automobile sont restées lettre morte. Face à cette inertie que vit le marché de l'automobile en Algérie, l'AACA saisit à nouveau le gouvernement à travers une lettre adressée au ministre de l'Industrie.

Dans sa lettre, relayée ce dimanche 28 août 2022 par le quotidien Le Chiffre d'Affaires, l'AACA « dénonce la politique du silence à propos du dossier d'importation de voitures », appelant à « la protection des intérêts des concessionnaires ». L'AACA se dit « surprise » d'entendre que le dossier lié à l'importation des voitures est « en cours d'étude », soulignant que « l'étude des dossiers liés à l'importation se poursuit depuis plus d'un an après leur dépôt, alors que le décret ne prévoit que 20 jours d'étude et de réponse ».

Hausse de 100 % des prix des voitures en Algérie

Les concessionnaires estiment que « donner la priorité à d'autres types de véhicules » est « une erreur », et « les réponses indirectes qui renvoient au report de l'importation à une tentative de relance de l'industrie mécanique sont loin de la réalité ». Pour l'AACA, le temps nécessaire pour relancer l'industrie automobile en Algérie « prendra des années », alors que « le marché restera le même pendant cette période, et fera passer l'Algérie du stade de la rareté à la stagnation complète ».

Tout en rappelant que le marché automobile algérien « souffre de pénurie » depuis 2017, l'Association des concessionnaires affirme que le secteur « ne peut plus tolérer plus de retards, même si une industrie a été lancée avant la fin de l'année ». L'AACA estime en effet que  « le marché exige la présence de plus d'une marque afin de préserver la concurrence comme le prévoit la loi algérienne ».

C'est pour cette raison que les concessionnaires algériens affirment que « l'importation est devenue incontournable aujourd'hui, et contribue même à l'établissement d'un marché sain, même en présence d'une industrie locale ».  L'AACA, qui relève que les prix des voitures ont augmenté de 100 % en Algérie, estime par ailleurs que « la réserve de change actuelle permet la réouverture de l'activité de l'importation de voitures ».