L’Entreprise nationale de transport maritime des voyageurs (ENTPV), qui a fait l’objet récemment de critiques acerbes, ne semble pas disposée à s’inscrire dans une logique de rentabilité économique. Les traversées enregistrant des « vides » considérables demeurent le quotidien de cette compagnie qui pourtant bénéficie d’aides considérables de l'État.

En effet, à croire El Watan[1]Transport maritime de voyageurs : L’ENTMV retombe dans ses travers, El Watan qui dit disposer de documents attestant de failles intolérables de gestion, rapporte, dans son édition du 31 août, des exemples de traversées loin de leurs capacités maximales. C’est ainsi, en guise d’illustration, que « le voyage Oran-Marseille du 5 août courant affiche un déficit de 426 passagers et une quarantaine de véhicules », indique la même source, aussi « la traversée Skikda-Marseille du 7 août se fait avec 479 passagers et une quarantaine de véhicules en moins ».

En fait, ce n’est pas les exemples que des travailleurs, soucieux de la bonne santé économique de leur compagnie, ont rapportés. « Le 9 août, le navire assurant la ligne Alger-Marseille laisse en rade 180 passagers et une quarantaine de véhicules. L’ENTMV ne fait pas mieux le 10 août, puisque le bateau assurant la ligne Béjaïa-Marseille avait 594 places passager et une centaine pour véhicule disponibles. Le 11 août, le déplacement Alger-Marseille enregistrait des déficits de l’ordre de 138 places voyageurs et 100 engins roulants », témoignent-ils.

Vente de billet le jour du départ, la faille chez Algérie Ferries

Les travailleurs d'Algérie Ferries, qui ont réagi sous couvert d’anonymat, parlent tout bonnement de « sabotage caractérisé », et ce en dépit de multiples recommandations, à commencer par celles du chef de l'État. L’une des facettes de ce sabotage est illustrée par le fait que les agences n’ont pas le droit de vendre de billet le jour du départ, et ce, déplorent les travailleurs, « pour des raisons propres à la direction générale de l’entreprise ».

« La gestion catastrophique des réservations oblige un navire comme Badji Mokhrar à appareiller avec 1600 voyageurs au lieu de 1800, et 600 véhicules en moins. Notre malheur fait le bonheur de nos principaux concurrents. Au lieu de trouver des solutions à la situation critique que traverse l’entreprise, les responsables ne s’occupent que des réservations des amis, des copains et des pistonnés », regrettent encore les plaignants.

Rappelons qu’un bateau ayant fait le 1er juin dernier Marseille-Alger avec uniquement 35 véhicules et 75 passagers, et un autre qui, le lendemain, a fait Marseille-Skikda avec 21 véhicules et 39 voyageurs, ont fait le tour de la toile et ont suscité colère et indignation. Mais cela n’a clairement pas suffi pour remettre les pendules à l’heure chez Algérie Ferries.