Une bonne nouvelle pour le tissu industriel algérien : bloqué par ce qu'on appelle communément « le clan Bouteflika », le mégaprojet de production d'huile, initié par l'homme d'affaires Issad Rebrab, peut enfin démarrer. D'après Jeune Afrique, c'est le chef de l'État algérien Abdelmadjid Tebboune en personne qui a donné le feu vert de son (re)lancement.

Le projet n'est pas des moindres. Il vise à dégager 2,2 milliards de dollars de chiffre d'affaires, dont 750 millions à l'exportation. De par son importance et le fait qu'il ait montré l'ampleur du pouvoir informel acquis par le clan de Bouteflika, il a fait couler beaucoup d'encre. Et ce n'est qu'après trois ans de l'élection de Tebboune qu'il sera enfin débloqué.

« Ce projet est bloqué faute d'une autorisation alors que l'usine est déjà construite à 80 %. Il pourrait permettre à l'Algérie de produire d'ici 6 à 7 mois sa propre huile. De l'huile algérienne, du producteur jusqu'au consommateur », a déclaré le chef de l'État durant l'ouverture de la rencontre gouvernement-walis tenue le 25 septembre 2022. C'était, en fait, un signe que le mégaprojet – que Tebboune n'avait pas cité nommément – allait être remis en route.

En Algérie, quelque 8500 projets sont à l'arrêt pour cause de lourdeurs administratives

Considérée comme l'une des plus grandes usines de trituration dans le monde, l'unité de Cevital vise également le développement de la culture locale des graines oléagineuses[1]Algérie : Issad Rebrab évoque son projet de trituration bloqué à Bejaïa. À terme, elle va créer 1000 emplois directs et 100'000 emplois indirects. Jeune Afrique a révélé le rôle qu'ont joué les frères Kouninef, qui « ont fini dans la prison de Koléa » dans son blocage. « Très proches de la famille de Bouteflika, les frères Kouninef se lancent à la même période dans la réalisation d'une usine de trituration de graines oléagineuses à Jijel, distante d'une centaine de kilomètres de celle de Cevital. Le site nécessite un investissement de 250 millions d'euros, en grande partie financé par des banques publiques. Il sera nationalisé à la suite de la condamnation des trois frères », écrit Jeune Afrique[2]Algérie : Tebboune relance un mégaprojet de Cevital bloqué par le clan Bouteflika, Jeune Afrique.

Il faut rappeler qu'au cours du discours prononcé devant les walis et les hauts responsables du pays, le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune a longuement évoqué les lourdeurs administratives que subissent quelque 8500 projets. Pour certains, ils « triment » au nom de considérations politiques datant de l'ancien régime du président déchu Abdelaziz Bouteflika.