Benzema renvoyé de l'équipe de France à cause de Zidane ?

Le forfait de Benzema à la Coupe du monde 2022 suscite encore le débat. Cette fois, c’est le médecin de l’équipe de France qui a donné son avis, sur les motivations de Didier Deschamps qui a rapidement pris la décision de renvoyer le joueur du rassemblement des bleus. Le médecin du sport fait le parallèle avec le cas de Zinédine Zidane en 2002.

Le 19 novembre 2022, un coup dur s'abat sur l'équipe de France : Karim Benzema, attaquant star du Real Madrid, se blesse au quadriceps lors d'un entraînement avec les Bleus. Conséquence immédiate : forfait pour le Mondial 2022 au Qatar et départ précipité du rassemblement d’avant tournoi. Cette décision, prise par Didier Deschamps a suscité de nombreuses interrogations et des accusations contre le sélectionneur.

La blessure de Benzema et son renvoi consécutif de l'équipe ont alimenté les discussions et les analyses pendant plusieurs mois. La rapidité de la décision a surpris certains, d'autant plus que la gravité de la blessure ne semblait pas nécessiter un départ aussi immédiat. Le joueur lui-même est sorti après la compétition, pour s’attaquer au sélectionneur qui l’avait injustement écarté du groupe.

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« Un possible lien avec l'épisode Zinedine Zidane »

Franck Le Gall, médecin de l'équipe de France, évoque un possible lien avec l'épisode Zinedine Zidane en 2002. Cette année-là, le meneur de jeu d’origine algérienne, victime d'une blessure juste avant la Coupe du Monde, avait été maintenu dans le groupe. Mais cela a créé une tension palpable au sein de l'équipe, indique le médecin.

« J’ai le sentiment que Didier s’est souvenu de la jurisprudence Zidane en 2002 : un joueur star blessé qui devient un fil rouge pour le reste de la compétition. À l’époque, on l’avait gardé parce que c’était « Zizou », mais sa blessure avait empoisonné la vie du groupe. Tous les joueurs vous le disaient, c’était invivable pour eux », rappelle le médecin.

Face à cette situation, Deschamps aurait donné la priorité à l'équilibre et la cohésion du groupe. Le feuilleton autour de Benzema, avec ses incertitudes quant à sa récupération et son implication potentielle, risquait de perturber le collectif, estime le médecin.

« Il ne faut pas se tromper »

Cependant, le risque d'une mauvaise évaluation est toujours présent, comme le souligne Franck Le Gall. Renvoyer un joueur blessé et le voir ensuite se montrer apte quelques jours plus tard peut ternir l'image de l'équipe. À l'inverse, garder un joueur blessé qui ne peut participer aux matchs peut s'avérer contre-productif à long terme.

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« En sélection, en fait, la difficulté tient à la pression. Quand on parle de "return to play", de retour au jeu, il ne faut pas se tromper. Si vous renvoyez un joueur chez lui alors que cinq jours après, il vous envoie une vidéo où il fait un foot avec de vrais adversaires, vous vous dites que vous vous êtes planté. Si à contrario, vous gardez le joueur pour l’Euro alors que trois semaines plus tard il n’a toujours pas joué, là c’est Didier qui va me renvoyer », souligne Le Gall.

Le cas de Benzema ne pouvait que rappeler celui de Zidane en 2002. Le choix de Deschamps de renvoyer Benzema s'inscrit dans la volonté d'éviter de reproduire les erreurs du passé. En 2002, la présence de Zidane blessé avait fragilisé l'équipe, contribuant à une performance décevante en Coupe du Monde 2002. Deschamps, témoin direct de cet épisode, aurait probablement voulu privilégier la cohésion du groupe au lieu de prendre des risques.


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