L'Algérie, confrontée à une crise automobile, voit les débats s'enflammer autour de la question de l'importation des voitures de moins de 3 ans, en particulier pour les membres de la diaspora. Le projet de loi de finances pour 2025 a une nouvelle fois révélé les divisions sur ce sujet, en excluant les amendements visant à faciliter l'importation de voitures d’occasion par les Algériens résidant à l'étranger.
Cette décision, loin d'être isolée, s'inscrit dans un contexte législatif plus large qui restreint fortement l'accès des expatriés au marché national. Pourtant, les arguments en faveur de l'ouverture de l'importation à la diaspora sont nombreux. En permettant aux expatriés d'importer leurs propres véhicules, l'Algérie pourrait générer des devises supplémentaires, réduire la pression sur le marché intérieur et diversifier l'offre. De plus, cette mesure répondrait à une demande sociale importante, celle des Algériens vivant à l'étranger qui souhaitent bénéficier des mêmes droits que leurs compatriotes résidant en Algérie.
Cependant, le projet de loi de finances pour 2025, examiné par la commission des finances de l'Assemblée populaire nationale (APN), a une fois de plus, exclu les amendements permettant cette importation, au risque de provoquer mécontentement et frustration au sein de la communauté expatriée. En effet, le projet de loi de finances pour 2025 n'a pas retenu les propositions visant à faciliter l'importation des véhicules de moins de 3 ans par les Algériens vivant à l'étranger. Cette décision, déjà observée dans les précédentes législations, soulève bien des questions sur la manière dont elle prend en compte les intérêts des Algériens de la diaspora. Le député Abdelouahab Yagoubi, député de l’émigration, a exprimé son indignation face à ce rejet, soulignant que cela fait trois ans que cette demande est systématiquement ignorée.
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Les membres de la diaspora se sentent exclus et discriminés
Ce refus est justifié par plusieurs raisons notamment des préoccupations liées à la balance des paiements et à la protection de l'industrie automobile nationale. Les autorités craignent également que l'ouverture de l'importation ne favorise l'entrée de véhicules usagés de mauvaise qualité, nuisant ainsi à la sécurité routière. Néanmoins, cette situation crée un sentiment d'injustice chez de nombreux membres de la diaspora qui se sentent exclus et discriminés. Les expatriés algériens, qui contribuent souvent de manière directe à l'économie nationale par leurs transferts de fonds, estiment avoir le droit d'importer des véhicules pour leur usage personnel.
Pendant ce temps-là, l'Algérie fait face à une crise automobile majeure, marquée par une pénurie chronique de véhicules. Bien que le gouvernement ait relancé l'importation et le montage local, l'offre demeure insuffisante pour satisfaire une demande croissante. Les prix des véhicules, tant neufs qu'usagés, ont explosé, rendant leur acquisition difficile pour une grande partie de la population. Les importations précédemment suspendues ont créé un vide que le marché peine à combler.