Une affaire d’escroquerie autour de la vente de rendez-vous pour l’obtention de visas Schengen a récemment éclaté à Alger. La propriétaire d’une agence de voyage, identifiée sous le nom de A. Nesrine, est accusée d’avoir trompé des clients en leur promettant des rendez-vous pour des visas, en échange de sommes d’argent importantes. Le procureur a requis une peine de cinq ans de prison ferme et une amende de 500 000 dinars algériens à son encontre.
Selon Ennahar, l'affaire a commencé lorsque A. Mustapha, une des victimes, a confié à l’agence de voyage les démarches pour obtenir un rendez-vous de visa pour la France. Après des retards répétés, il a finalement demandé un rendez-vous pour l’Espagne, car sa mère, gravement malade, avait besoin de soins médicaux à l’étranger.
La victime aurait remis à la propriétaire 11 millions de centimes, ainsi que des documents personnels, pour effectuer les réservations. Quelques mois plus tard, après avoir attendu en vain, il a réalisé qu’il avait été victime d’une arnaque. Pire encore, un complice de la propriétaire lui aurait extorqué les codes d’accès de sa carte bancaire, lui volant ainsi, à lui et à sa mère, une somme totale de 130 millions de centimes.
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L’accusée nie l'intention de l'arnaque
Lors du procès, A. Nesrine a nié avoir agi intentionnellement pour tromper ses clients. Elle a admis avoir eu recours à une autre agence, repérée sur Instagram, pour réserver les rendez-vous. Selon elle, cette démarche était nécessaire en raison des délais d’attente sur le site officiel de demande de visa.
Elle a également affirmé qu’elle ignorait que son prétendu collaborateur utilisait ces informations pour escroquer ses clients. Cependant, les preuves présentées lors du procès, notamment des enregistrements téléphoniques, montrent que la fraude était organisée.
De son côté, le complice présumé, S. Nourredine, a nié toute implication. Pourtant, les investigations ont révélé des transferts d’argent suspects et des liens entre les deux accusés.
Un phénomène inquiétant
Cette affaire révèle un problème plus large autour des démarches pour obtenir des visas Schengen. Les délais d’attente et les difficultés administratives ouvrent la porte à des réseaux d’escroquerie, qui exploitent la vulnérabilité des demandeurs.
Le verdict de cette affaire est attendu dans les prochains jours. S’il est confirmé, il pourrait envoyer un message fort contre les pratiques frauduleuses et renforcer la lutte contre les abus dans ce domaine.
