Un rapport de la police espagnole vient fragiliser les accusations visant l’Algérie après la crise migratoire de Ceuta. Contrairement aux affirmations relayées par plusieurs médias marocains, le document officiel ne contient aucun élément permettant d’établir une implication d'une partie algérienne. Il relève, en revanche, plusieurs faits troublants survenus du côté marocain.
L’hypothèse d’une intervention algérienne avait été propagée par des médias marocains au lendemain de l’entrée massive de migrants dans l’enclave espagnole. Elle reposait principalement sur une allégation de campagnes de mobilisation diffusées sur les réseaux sociaux.
La présence de numéros portant l’indicatif algérien +213 dans certains groupes avait alors été présentée comme la preuve d’une coordination depuis l’Algérie. Le rapport du Centre national espagnol de l’immigration et des frontières (CENIF) réfute totalement cette interprétation.
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Crise migratoire de Ceuta : la piste algérienne écartée
Dans son rapport transmis à la justice espagnole, le CENIF classe l’accusation contre Alger parmi les récits politiques et médiatiques apparus après les événements. Aucun gouvernement, service de renseignement, organisme public ou responsable algérien n’est mis en cause. Les enquêteurs espagnols ne reprennent donc pas à leur compte la thèse d’une opération dirigée depuis l’Algérie soutenue par des médias marocains.
Les données recueillies affaiblissent également l’argument des indicatifs téléphoniques. Environ 90,8 % des numéros repérés dans les groupes surveillés étaient marocains. Les lignes algériennes représentaient seulement près de 2,7 % de l’échantillon total.
La présence de numéros étrangers ne permet d’ailleurs pas de déterminer l’emplacement réel de leurs utilisateurs ni de démontrer l’implication d’une partie. Ces groupes peuvent rassembler des migrants, des membres de la diaspora, des militants ou de simples internautes partageant des informations.
Les organisateurs de l’opération restent inconnus
Selon le CENIF, la crise migratoire de Ceuta ne semble pas avoir été totalement spontanée. La mobilisation aurait été préparée sur les réseaux sociaux, puis coordonnée sur le terrain selon plusieurs niveaux d’intervention.
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Les policiers n’ont cependant pas réussi à identifier les responsables de la planification et de la direction stratégique. Ils ne disposent donc d’aucune preuve permettant d’attribuer l’opération à un gouvernement, une agence ou une personne déterminée. Cette conclusion impose une certaine prudence. Le rapport n’établit juridiquement l’innocence ou la culpabilité d’aucun pays, mais il appuie les éléments soutenant les accusations formulées contre le Maroc.
Des faits troublants relevés côté marocain
Les observations les plus sensibles du rapport concernent la partie marocaine de la frontière. Le CENIF évoque notamment une présence anormalement réduite des forces de sécurité autour de Fnideq le 30 juillet. D’après des témoignages et des vidéos étudiés par les enquêteurs, certains agents auraient orienté des migrants vers l’eau, tandis que des hommes en civil semblaient surveiller ou coordonner les déplacements. Le document parle ainsi d’un possible « guidage actif » de la foule.
Le rapport compare cette situation au dispositif important déployé par le Maroc le 15 août, lors d’une nouvelle tentative annoncée sur les réseaux sociaux. Cette fois, les autorités avaient empêché les migrants d’atteindre la frontière.
Ces constatations prouvent une responsabilité de l’État marocain dans le déroulement de l'opération. Elles montrent surtout que, lors de la crise migratoire de Ceuta, les principaux éléments matériels examinés se trouvent du côté marocain.
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