Aéroport d’Alger : ce que révèle l’affaire du trafic d’or vers la Turquie

Le tribunal correctionnel de Dar El Beïda a rendu son verdict dans une affaire de trafic d’or entre l’Algérie et la Turquie. L’enquête a mis au jour un circuit passant par l’aéroport d’Alger et impliquant des bijoutiers ainsi que deux policiers.

Selon Ennahar, le tribunal a prononcé, mercredi 16 septembre 2026, des peines allant de deux à dix ans de prison ferme. Douze personnes étaient poursuivies. B. Réda, présenté comme l’organisateur du trafic, ainsi que B. Sid Ali et A. Houssam, respectivement brigadier et agent de police affectés à l’aéroport d’Alger, ont été condamnés à dix ans de prison et à cinq millions de dinars d’amende chacun.

Trois bijoutiers de la wilaya de Blida ont écopé de huit ans de prison et de deux millions de dinars d’amende. Deux autres prévenus ont été condamnés à cinq ans et à un million de dinars d’amende, tandis qu’un accusé a reçu une peine de deux ans et une amende de 500 000 dinars. Trois personnes ont été relaxées. Les condamnés devront également verser solidairement un million de dinars au Trésor public.

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Près de dix kilos d’or saisis à l’aéroport d’Alger

L’affaire a débuté le 19 février 2025, vers 17 h 30, avec l’interpellation de B. Réda à l’aéroport d’Alger. Ce bijoutier de Blida s’apprêtait à embarquer sur un vol de Turkish Airlines à destination d’Istanbul. Une fouille corporelle a permis de découvrir 14 lingots sans poinçon, dissimulés dans ses chaussures, ses sous-vêtements et une ceinture élastique.

La saisie représentait 9,59 kg d’or, dont la valeur était estimée à 15 milliards de centimes sur le marché algérien. Les agents ont également découvert 10 710 euros, 3 065 livres turques, 200 livres sterling, 400 livres égyptiennes, 200 riyals saoudiens et 700 dirhams émiratis. Le parquet avait requis des peines comprises entre dix et vingt ans de prison ainsi que des amendes pouvant atteindre dix fois la valeur des marchandises saisies.

Un circuit passant par la Turquie, la Tunisie et la Libye

D’après les éléments présentés au cours du procès, de l’or d’occasion était acheté en Algérie, fondu dans un atelier de Blida, puis transformé en lingots avant d’être acheminé vers Istanbul. Des ateliers turcs le convertissaient ensuite en bijoux, qui étaient réintroduits illégalement en Algérie par les frontières tunisienne et libyenne.

Des intermédiaires transportaient les marchandises à moto jusqu’à Bab El Oued, à Alger. Les policiers condamnés étaient poursuivis pour avoir facilité les passages à l’aéroport. Les charges retenues comprenaient notamment la contrebande, le blanchiment d’argent, l’importation illégale de bijoux, les infractions à la réglementation des changes et le défaut de facturation.

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