Un réseau de trafic d'or et de blanchiment d'argent a été démantelé en Algérie. Les investigations ont conduit à l'identification de dix personnes et de trois sociétés spécialisées dans la bijouterie. Des ateliers clandestins et 5,4 kg d'or ont été découverts dans plusieurs communes d'Alger.
Selon Ennahar, l'affaire a été instruite par le juge d'instruction près le tribunal de Cheraga, dans la banlieue d'Alger. Le réseau est composé de dix personnes, dont des ressortissants algériens et un ressortissant syrien, ainsi que de trois sociétés de fabrication d'or. Les mis en cause sont poursuivis pour blanchiment d'argent, infraction à la législation des changes et des mouvements de capitaux, fraude fiscale et contrebande.
Selon les investigations, le réseau est dirigé par un ressortissant syrien, désigné sous les initiales S. A., déjà impliqué dans une affaire similaire en 2019. Les autres mis en cause incluent un associé de la société « Rawai' al-Dhahab », un gérant associé de la même société, actuellement en fuite, ainsi que le gérant d'une autre société de bijouterie. Une employée de la société a indiqué lors de son audition que le ressortissant syrien fournissait les designs et prenait en charge le paiement des salaires en l'absence du gérant associé.
Faits-divers Algérie : une annonce sur Facebook mène à la saisie de 337 pièces archéologiques
Trois ateliers clandestins à Draria, El Achour et Baba Hassen
Les enquêteurs ont identifié trois ateliers de transformation de l'or et des métaux précieux dans les communes de Draria, El Achour et Baba Hassen. Les mis en cause fabriquaient des bijoux en or sans respecter les réglementations, en utilisant des registres commerciaux réels comme couverture d'une activité légale. Les transactions commerciales liées à l'approvisionnement, à la fabrication et à la distribution n'étaient pas inscrites sur le registre, et le chiffre d'affaires n'était pas déclaré aux services fiscaux.
Les perquisitions ont permis de saisir 5,4 kg d'or non justifié, des métaux jaunes, rouges et blancs, des matières semi-finies et premières, ainsi que des équipements industriels comprenant des fours, des machines à tourner et des moules. Des devises nationales et étrangères, des appareils électroniques, des caméras de surveillance, des documents et des factures ont également été saisis.
Des soupçons de contrebande depuis la Turquie et les Émirats
Les investigations ont révélé des indicateurs d'une activité organisée de blanchiment d'argent utilisant des facilités liées à une activité professionnelle. Des soupçons portent sur une contrebande d'or depuis la Turquie et les Émirats arabes unis, avec des transactions et des factures entre plusieurs sociétés et personnes poursuivies. Un mis en cause a reconnu acheter des modèles en Turquie et aux Émirats, tout en niant connaître les modalités d'importation.
L'enquête, menée par les services centraux de lutte contre la criminalité organisée, s'est appuyée sur l'exploitation des données de communications téléphoniques, l'examen de registres commerciaux actifs et radiés, ainsi que sur l'analyse des factures et des mouvements d'argent. Des déplacements entre Alger, Ouargla et Béchar ont également été examinés. Le parquet a requis dix ans de prison ferme contre le principal suspect en fuite et sept ans contre deux prévenus détenus.
Faits-divers Aéroport d'Alger : un passager interpellé avec un passeport volé et un faux visa
