L’enquête espagnole sur un trafic présumé de visas Schengen au consulat général d’Espagne à Alger connaît de nouveaux développements. Trois employés locaux sont désormais mis en cause, ce qui porte à six le nombre de personnes visées par la procédure judiciaire.
La juge María Tardón, qui dirige le tribunal central d’instruction n° 3 de l’Audience nationale espagnole, a informé trois employés du consulat de leur mise en cause, selon The Objective, qui cite des sources judiciaires. Il s’agit de M. B., secrétaire du consul général Gauden Villas, ainsi que de H. M. et L. D., deux agents administratifs chargés de la gestion des visas.
Tous trois sont des employés locaux de nationalité algérienne. M. B. aurait également obtenu la nationalité espagnole il y a plusieurs années. Le média espagnol affirme avoir sollicité deux des employés concernés ainsi que l’Office de l’information diplomatique du ministère espagnol des Affaires étrangères, sans obtenir de réponse. Les trois personnes continueraient à exercer leurs fonctions au consulat. Ces informations n’avaient pas été officiellement confirmées par le ministère au moment de leur publication.
Faits-divers Sous assignation à résidence, un influenceur algérien arrêté en France
Jusqu’à 25 000 euros réclamés à certaines familles
Ces nouvelles mises en cause s’ajoutent à celles de Vicente Moreno, ancien chancelier et numéro deux du consulat, de l’employé local Mohamed Boutouchent et de l’épouse de Moreno. Tous trois avaient été arrêtés en Espagne fin avril 2026. L’enquête, ouverte après des communications officielles de l’ambassade d’Espagne en Algérie, porte sur un réseau qui aurait délivré irrégulièrement des visas et des permis de séjour ou de travail.
Les sommes réclamées auraient parfois atteint 25 000 euros par famille. Les paiements auraient été effectués en espèces auprès d’intermédiaires, avant d’être redistribués et partiellement blanchis en Espagne, notamment par l’achat de véhicules. La procédure porte sur cinq infractions : blanchiment de capitaux, atteinte aux droits des ressortissants étrangers, falsification continue de documents publics, trafic d’influence et appartenance à une organisation criminelle.
Une inspection attendue à Alger le 20 septembre
L’enquête concerne également BLS, l’entreprise indienne chargée de gérer les rendez-vous et certains dossiers consulaires. L’instruction mentionne la participation présumée d’« entreprises collaboratrices », dont des employés auraient facilité la constitution de dossiers en sélectionnant les familles ayant versé les sommes exigées. Le ministère dirigé par José Manuel Albares doit envoyer une mission d’inspection au consulat d’Espagne à Alger le 20 septembre 2026, pour une durée d’une semaine.
L’opération policière Jazira-Cova avait conduit à deux perquisitions à Sagunto, dans la province de Valence, et à Torrevieja, dans celle d’Alicante. Les enquêteurs avaient saisi 10 890 euros en espèces, quatre téléphones, deux ordinateurs portables et 17 clés USB. Un bien immobilier situé à Madrid et plusieurs produits financiers avaient également été bloqués. Libéré sous contrôle judiciaire, V. M. s’est vu retirer son passeport et interdire de quitter l’Espagne. Il doit aussi se présenter à la police tous les quinze jours.
Faits-divers Algérien disparu en Belgique : une découverte macabre 8 ans plus tard
