Un entrepreneur de 49 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Brive, en Corrèze, pour une série de faits présumés commis entre 2021 et 2023. Il est notamment poursuivi pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail et traite d’êtres humains.
À l’audience, le prévenu s’est présenté comme un autoentrepreneur aidant des étrangers dans leurs démarches administratives. Il dirigeait plusieurs activités, dont une société d’élagage, une entreprise de pose de fibre, une carrosserie et un salon de coiffure.
Le parquet lui reproche plusieurs infractions : travail dissimulé, abus de biens sociaux, emploi d’étrangers sans autorisation de travail, aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière et traite d’êtres humains. L’homme conteste une partie des accusations et affirme avoir voulu aider les personnes concernées.
Des salariés logés à plusieurs dans un appartement
L’affaire a débuté en 2023 après le signalement d’une auto-école de Brive, gênée par des véhicules stationnés devant son établissement et liés aux sociétés du prévenu, rapporte La Depêche. Les contrôles ont ensuite conduit les policiers vers un appartement de trois chambres présenté comme un logement destiné aux salariés.
À l’audience, un employé a expliqué que six ou sept personnes dormaient sur des matelas posés au sol. Un autre a évoqué jusqu’à dix personnes, notamment des Marocains et des Roumains, dans le même logement. Un salarié a également affirmé avoir dormi dans le garage de l’entrepreneur.
Des loyers prélevés sur les salaires et 5 000 euros réclamés
Selon la procureure Florence Leroux-Ghristi, les loyers étaient directement prélevés sur des salaires qui n’auraient pas été conformes à la législation. Les activités des différentes sociétés auraient également été entremêlées, certaines coiffeuses ayant, par exemple, été rémunérées par la société d’élagage.
Plusieurs ressortissants marocains ont affirmé avoir versé environ 5 000 euros, parfois davantage, dans l’espoir d’obtenir un titre de séjour. Le prévenu leur aurait indiqué qu’il connaissait une personne à la préfecture susceptible de faciliter leurs démarches.
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Plus de 70 000 euros également au cœur du dossier
Me Hammoud-Chobert, avocate de trois victimes, a accusé l’entrepreneur d’avoir profité de la vulnérabilité de certains travailleurs. Elle lui reproche également d’avoir incité certains salariés à déposer de fausses plaintes pour traite d’êtres humains contre des concurrents afin de faciliter leurs démarches administratives.
L’homme est par ailleurs soupçonné d’avoir détourné plus de 70 000 euros de ses sociétés afin de financer son train de vie. Ces accusations faisaient partie des éléments examinés par le tribunal lors de l’audience.
La procureure a requis trois ans de prison ferme avec mandat de dépôt à l’encontre de l'entrepreneur. Elle a également demandé une interdiction du territoire français pendant dix ans. Le jugement a été mis en délibéré.
