À 67 ans, Salima Bouayad Agha vient de réaliser l’un des défis les plus exigeants de la natation en eau libre. Ancienne membre de l’équipe nationale algérienne de natation, elle a traversé la Manche entre l’Angleterre et la France, sans palmes ni combinaison, après près de quinze heures passées dans l’eau.
Salima Bouayad Agha s’est élancée de Douvres, dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 octobre 2026. Partie vers 3h48, heure française, elle a atteint la plage de Sangatte, dans le Pas-de-Calais, aux alentours de 19 heures. Elle devient ainsi, à 67 ans, la femme la plus âgée en France à réussir cette traversée sans assistance de nage.
Près de 15 heures dans la Manche
La traversée de la Manche représente environ 34 kilomètres à vol d’oiseau, mais les courants obligent généralement les nageurs à parcourir une distance beaucoup plus importante. Selon les données rapportées après son arrivée, Salima Bouayad Agha a passé environ 14 h 49 dans l’eau.
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La performance est d’autant plus remarquable qu’elle a été accomplie selon les règles traditionnelles du Channel swimming : pas de combinaison thermique, pas de palmes et aucune possibilité de monter à bord du bateau accompagnateur pendant la traversée.
Le défi avait demandé des mois de préparation. Plusieurs entraînements hebdomadaires, travail d’endurance et adaptation au froid ont rythmé son quotidien avant le grand départ. Ancienne nageuse de haut niveau en Algérie, Salima n’avait pourtant rien laissé au hasard.
Habitante du Mans, âgée de 66 ans, Salima Bouayad Agha devait s’élancer ce dimanche 6 septembre 2026 pour une traversée de la Manche à la nage. La météo en a décidé autrement. Loin de renoncer, l’enseignante reste sur la côte anglaise, en attendant de meilleures conditions. https://t.co/vIOrtMmjCd
— Claire Langoulant ⚜️♛ (@Cuisines1974) September 8, 2026
En mémoire de sa mère
Derrière l’exploit sportif se cache aussi une histoire beaucoup plus personnelle. Salima Bouayad Agha a choisi de nager en mémoire de sa mère et au profit de France Parkinson. Ses parents ont été touchés par la maladie, et cette traversée devait également porter un message sur le vieillissement : continuer à se fixer des objectifs et à repousser ses propres limites, quel que soit son âge.
Son projet remonte à plusieurs années. Dès 2024, elle annonçait publiquement son intention de traverser la Manche en 2026, décrivant un défi né de son histoire personnelle et de son attachement à la natation. La météo aura pourtant joué avec ses nerfs jusqu’au bout. Initialement prévu début septembre, le départ a été repoussé à plusieurs reprises. La confirmation définitive est finalement arrivée le soir de son anniversaire.
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Quelques heures plus tard, Salima Bouayad Agha plongeait dans les eaux froides de Douvres. Quinze heures après, elle touchait la côte française, transformant un projet longtemps préparé en un exploit sportif et profondément personnel.
