Le coût des billets d'avion entre la France et l'Algérie devrait bientôt connaître une hausse significative. En cause, l'augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA), récemment adoptée dans le cadre du budget 2025. Cette mesure, qui concerne tous les vols au départ de la France, vise à accroître les recettes de l'État, mais suscite une vive opposition du secteur aérien.
En France, l'augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA), a été validée lundi 3 février 2025 par la commission mixte paritaire (CMP), un organe réunissant députés et sénateurs, et intégrée au projet de loi de finances du gouvernement Bayrou. Ce dispositif, qui remplace celui initialement prévu par l'ancien gouvernement Barnier, a pour objectif de réduire le déficit public et de financer les mesures liées au verdissement de l'économie.
Dès le 31 mars 2025, les passagers devront s'acquitter d'une taxe plus élevée sur chaque billet d'avion acheté, que ce soit pour un vol intérieur, européen ou international.
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Hausse de la TSBA: quel impact sur les vols entre la France et l'Algérie?
Pour les vols en classe économique, la taxe passera de 2,63 euros à 7,40 euros pour un trajet en France ou en Europe, et atteindra 15 euros pour les destinations dites intermédiaires, dont fait partie l'Algérie.
Les voyageurs en classe affaires seront encore plus touchés : la taxe sur leurs billets passera à 210 ou 420 euros selon le type d'appareil pour les destinations européennes, et grimpera à 675 ou 1.015 euros pour les voyages de moyenne distance, ce qui inclut les vols entre la France et l'Algérie.
Un coup dur pour les compagnies et les voyageurs
Cette hausse fiscale suscite une forte opposition de la part des compagnies aériennes et des aéroports. Air France, Ryanair et EasyJet dénoncent une mesure qui affecterait leur compétitivité et pèserait sur le pouvoir d'achat des passagers. Benjamin Smith, PDG d'Air France-KLM, qui qualifie cette taxe d'irresponsable, a souligné que la France serait ainsi l'un des pays où le transport aérien est le plus taxé en Europe.
De son côté, Ryanair menace de réduire ses opérations en France de 50 % si la taxe est prélevée, tandis qu'EasyJet estime que cette mesure pénalise les classes moyennes. Les professionnels du secteur craignent également un départ des voyageurs vers d'autres hubs aériens, comme l'Espagne ou l'Italie, où la fiscalité est plus avantageuse.
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Malgré les critiques, le gouvernement défend cette augmentation en la qualifiant de «mesure de justice fiscale et écologique ». Selon la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, les 20 % des Français les plus aisés seraient responsables de plus de la moitié des dépenses en billets d'avion.
L'objectif est donc de faire peser une part plus importante de la fiscalité sur ces voyageurs, tout en contribuant à la transition écologique. Les recettes attendues de cette réforme sont estimées entre 800 et 850 millions d'euros par an, contre 460 millions actuellement.
