En France, les arrêts maladie devraient bientôt peser davantage sur les travailleurs et les entreprises. En effet, le ministère du Travail a annoncé une baisse du plafond des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie en cas d’arrêt maladie. Si cette mesure vise à réduire les dépenses de l’Assurance maladie, elle soulève déjà des inquiétudes parmi les salariés et les employeurs.
Le ministère du Travail a confirmé, mercredi 19 février, une baisse significative du plafond des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie en cas d’arrêt maladie, rapporte France Bleu. Cette décision, qui entrera en vigueur le 1er avril 2025, s’inscrit dans le cadre du budget 2025 de la Sécurité sociale. Un décret doit être publié sur le sujet dans les tout prochains jours, selon la même source.
Indemnisation des arrêts maladie : une baisse de 12 euros par jour pour les salariés du privé
Actuellement, les salariés du privé en arrêt maladie perçoivent une indemnité correspondant à 50 % de leur salaire journalier, plafonnée à 1,8 fois le Smic (soit 53,31 euros brut par jour). À partir du 1er avril 2025, ce plafond sera abaissé à 1,4 Smic, ce qui représente une indemnité maximale de 41,47 euros brut par jour, soit une perte de près de 12 euros par jour pour les travailleurs concernés.
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Cette mesure permettrait à l’Assurance maladie d’économiser environ 400 millions d’euros par an. Cependant, elle risque d’alourdir la charge financière des entreprises. En effet, pour les salariés ayant plus d’un an d’ancienneté, les employeurs sont tenus de compléter les indemnités pour garantir un maintien du salaire à hauteur de 90 %. Avec la baisse du plafond, les entreprises devront donc verser davantage d’indemnités complémentaires.
Les fonctionnaires également touchés
Les fonctionnaires ne sont pas épargnés par cette réforme. Dès le 1er mars 2025, ils ne percevront plus 100 % de leur rémunération durant les trois premiers mois d’un arrêt maladie, mais seulement 90 %. Cette mesure s’ajoute à un délai de carence d’un jour, déjà en vigueur dans la fonction publique.
Le gouvernement justifie cette réforme par l’augmentation « très forte » des dépenses liées aux indemnités journalières, qui devraient atteindre plus de 17 milliards d’euros d’ici fin 2025. Selon le ministère du Travail, une réflexion plus large sur les causes de cette hausse et sur les moyens de prévenir les arrêts maladie doit être engagée.
Cependant, cette annonce a déjà provoqué des réactions négatives. Le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) a dénoncé une « nouvelle ponction de 800 millions d’euros » pour les salariés et les entreprises, sans concertation préalable. L’organisme estime que cette mesure n’apporte aucune solution à l’augmentation des arrêts de travail et pénalise injustement les employeurs.
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Pour les salariés, cette réforme signifie une baisse de revenus en cas d’arrêt maladie, ce qui pourrait aggraver les difficultés financières en période de convalescence. Pour les entreprises, l’obligation de compenser la baisse des indemnités journalières risque d’augmenter les coûts liés aux arrêts maladie, dans un contexte économique déjà tendu.
