L'Algérie envisage d'introduire le Bac Pro en 2026

L’Algérie pourrait instaurer un baccalauréat professionnel (bac pro) dès la rentrée 2025/2026. C’est ce qu’a indiqué Yacine El Mahdi Oualid, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, lors d’une intervention radiophonique sur la chaîne 3. Selon lui, il est inconcevable de parler de baccalauréat sans inclure une filière professionnelle.

"Il y a des pays où il y a le Bac et des pays où il n’en y a pas. Mais les pays qui ont le Bac ont le Bac pro", a-t-il affirmé, soulignant la nécessité pour l’Algérie de se doter de ce diplôme afin d’éviter d’exclure une partie de la jeunesse qui pourrait s’orienter vers la formation professionnelle.

Une réforme pour moderniser la formation professionnelle

Le ministre a insisté sur l’importance d’établir des passerelles entre la formation professionnelle, l’éducation et l’enseignement supérieur. "Le Bac pro est quelque chose de primordial", a-t-il déclaré, mettant en avant la nécessité de revaloriser les filières techniques et industrielles.

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Pour améliorer les perspectives après l’obtention du bac pro, le gouvernement envisage de s’appuyer sur les Centres d’excellence, qui permettront aux lauréats d’avoir de meilleures opportunités. En parallèle, une révision des missions des Instituts de l’Enseignement Professionnel (IEP) est en cours. L’objectif est de les recentrer sur leur vocation initiale, à savoir proposer une formation complète allant jusqu’au bac.

Un projet ambitieux mais complexe à mettre en œuvre

Bien que le bac pro soit annoncé comme une possibilité dès la rentrée 2025/2026, Yacine El Mahdi Oualid reconnaît la difficulté de sa mise en place. "Mais c’est envisageable", a-t-il admis, tout en soulignant la complexité des réformes nécessaires.

Selon lui, plusieurs chantiers doivent être menés simultanément, notamment des réformes réglementaires, la création de nouveaux établissements et l’adaptation des cursus aux réalités du marché du travail. Il a également mis en avant les échecs du système de formation professionnelle des trente dernières années, pointant du doigt l’inadéquation des formations avec les besoins économiques, l’obsolescence de certaines spécialités et la rigidité des réglementations en vigueur.

Une modernisation du secteur pour 2025-2030

Pour sortir la formation professionnelle de la médiocrité dans laquelle elle a longtemps été cantonnée, le gouvernement travaille sur un plan de modernisation pour la période 2025-2030. Ce programme vise à actualiser les cursus et à mieux répondre aux exigences du marché.

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Parmi les réformes annoncées, la révision des spécialités existantes est une priorité. Certaines filières, comme l’administration et la gestion, voient leur nombre de places réduit. "L’administration et la gestion représentaient 22% des effectifs lors de la rentrée de septembre. Elles sont passées à 10%", a précisé le ministre, soulignant la nécessité d’orienter davantage de jeunes vers des secteurs porteurs.

L’une des avancées majeures concerne la digitalisation des inscriptions, qui permet une gestion plus fluide et optimisée. "La dématérialisation des inscriptions, qui se fait en interopérabilité avec les ministères de l’Intérieur, de l’Éducation nationale, la CNAS et l’ANEM, est une avancée majeure pour aller vers une adéquation formation/emploi", a-t-il expliqué.

Vers une revalorisation de la formation professionnelle

Le ministre souhaite également modifier l’image de la formation professionnelle, souvent perçue comme une solution par défaut pour les élèves en difficulté scolaire. "Nous voulons aller vers une approche qualitative et changer cette image stéréotypée de la formation professionnelle, qui est perçue par beaucoup comme une bouée de sauvetage pour personnes en échec scolaire", a-t-il déclaré.

Pour renforcer l’attractivité du secteur, l’Algérie prévoit de relancer les Olympiades des métiers, abandonnées depuis douze ans, avec pour objectif de participer à la compétition mondiale WorldSkills. "Nous voulons montrer que la formation professionnelle peut être une voie pour une réussite professionnelle et pour un accès à l’emploi", a affirmé Yacine El Mahdi Oualid.

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Si le projet du bac pro voit bien le jour en 2025, il pourrait marquer un tournant majeur pour l’éducation en Algérie, en offrant aux jeunes de nouvelles perspectives adaptées aux exigences du marché du travail.


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