Forte hausse de la demande française sur le pétrole algérien

L’Algérie enregistre une augmentation significative de ses exportations de pétrole algérien, portée en grande partie par la demande croissante de la France. En février, l’Hexagone a représenté près d’un tiers des expéditions de Sahara Blend, avec un volume d’achat multiplié par cinq en février. Cette tendance reflète un repositionnement des sources d’approvisionnement énergétiques de la France et un regain d’intérêt pour le brut algérien.

Selon les chiffres de la plateforme Argus-Media, les exportations algériennes de Sahara Blend ont connu une progression notable en février, atteignant 445 000 barils par jour (b/j), contre 341 000 b/j en janvier. Cette hausse de 31 % ramène les expéditions à leur niveau le plus élevé depuis 2022.

Les raffineries françaises ont joué un rôle clé dans cette dynamique, en absorbant 111 000 b/j, soit cinq fois plus qu’en janvier (20 000 b/j). Ce bond s’explique par un ralentissement des opérations de maintenance en France, forçant les raffineurs à accroître leurs importations de brut.

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Une recomposition des sources d’approvisionnement françaises

L’augmentation des achats français de pétrole algérien coïncide avec une baisse significative des importations de brut nigérian, qui ont reculé de 35 % pour s’établir à 112 000 b/j. Cette évolution illustre un recentrage de la France sur des sources d’approvisionnement plus proches et potentiellement plus stables.

Selon les analystes, la forte demande française en janvier a favorisé la hausse des prix du Sahara Blend en février, période durant laquelle la majorité des contrats d’achat ont été finalisés.

L’Asie-Pacifique, un marché en expansion

Si l’Europe reste le principal débouché du pétrole algérien, la région Asie-Pacifique affiche une progression impressionnante. En février, les expéditions vers cette zone ont bondi de 86 %, atteignant 72 000 b/j. La Corée du Sud, en particulier, s’impose comme un acheteur majeur avec une cargaison exceptionnelle de 2 millions de barils livrée au cours du mois.

Avec un volume d’achat moyen de 120 000 b/j, la Corée du Sud devance même la France en tant que premier importateur du pétrole algérien sur cette période.

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Une présence en retrait sur le marché américain

À l’inverse de l’Europe et de l’Asie, les expéditions vers les Amériques ont légèrement reculé, enregistrant une baisse de 3 %, pour s’établir à 25 000 b/j. Seule une cargaison a traversé l’Atlantique en janvier et février, après une absence totale en décembre.

Cependant, l’essor des exportations algériennes s’accompagne d’un développement inédit : début mars, l’Algérie a sécurisé un contrat de vente de 1 million de barils à destination du Nigeria. Cette cargaison sera livrée à la raffinerie Dangote, la plus grande d’Afrique, marquant ainsi le premier achat de brut algérien par le Nigeria.

Un pétrole prisé pour sa qualité

Le pétrole algérien, extrait principalement du champ de Hassi Messaoud, est particulièrement recherché pour sa faible teneur en soufre et son haut rendement de raffinage. Cette caractéristique le rend compétitif face à d’autres pétroles bruts, notamment sur les marchés européens et asiatiques.

En 2024, les exportations algériennes de pétrole et de ses dérivés ont progressé de 7 %, atteignant 778 000 b/j, contre 729 000 b/j en 2023. L’augmentation des expéditions vers la France et l’Asie souligne le rôle croissant de l’Algérie en tant que fournisseur stratégique dans un marché énergétique en mutation.

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