Les perspectives d’exportation du gaz algérien s’annoncent favorables pour l’année 2025. Face à la hausse attendue des besoins en gaz naturel liquéfié (GNL) sur le continent européen, l’Algérie se positionne comme un acteur énergétique clé.
Selon les données issues d’un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) relayé par la plateforme spécialisée Ettaqa, les importations européennes de GNL devraient progresser de 25 % en 2025, soit l’équivalent de 33 milliards de mètres cubes supplémentaires. Cette augmentation ramènerait les volumes importés proches des niveaux record atteints en 2022, au moment du début du conflit en Ukraine.
Cette dynamique est directement liée à la baisse continue des livraisons de gaz par pipeline depuis la Russie, ainsi qu’à la nécessité de reconstituer les stocks de gaz européens après l’hiver rigoureux de 2024-2025. À ce jour, les réserves de gaz ne représentent que 34 % de leur capacité totale, ce qui oblige les pays européens à sécuriser de nouveaux flux.
Économie Hydrocarbures : l’Algérie mobilise 71,6 milliards de dollars pour augmenter sa production
L'Algérie, partenaire stratégique au sud de la méditerranée
Dans ce contexte, le gaz algérien bénéficie d’un regain d’intérêt. Les capacités logistiques existantes, notamment les terminaux de liquéfaction algériens et les infrastructures de transport maritime comme le méthanier Lalla Fatma N’Soumer, propriété de Sonatrach, permettent une livraison efficace vers l’Europe du Sud. Ce navire peut transporter jusqu’à 144 888 mètres cubes de GNL, illustrant la capacité opérationnelle du pays à répondre à la demande.
L’Italie, en particulier, a annoncé son intention d’augmenter ses volumes d’achat de gaz naturel algérien. Cette orientation s’inscrit dans une politique de diversification entamée dès 2022, et renforce l’intégration énergétique entre les deux rives de la Méditerranée.
Un repositionnement global des flux gaziers
L’Europe devient ainsi le principal débouché pour les exportations mondiales de GNL, surpassant même l’Asie, dont la demande est actuellement en repli. Grâce à des conditions de marché favorables, comme des prix compétitifs et des contrats flexibles, les exportateurs algériens trouvent des opportunités nouvelles sur ce marché réorganisé.
Le rapport de l’AIE souligne par ailleurs que la demande en gaz n’évolue pas de manière uniforme. Si les usages résidentiels et commerciaux sont en hausse, la consommation dans le secteur électrique devrait reculer de 10 %, en raison du développement des énergies renouvelables. Le secteur industriel, quant à lui, continue d’afficher une demande modérée.
Économie Marché noir en Algérie : l’euro et le dollar reculent, voici les nouveaux prix
Pour l’Algérie, cette situation constitue un levier de renforcement de son rôle énergétique sur la scène internationale. À l’heure où l’Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements en énergie, le gaz algérien apparaît comme une solution stable, accessible et géographiquement avantageuse. Cette conjoncture représente un signal positif pour les exportations nationales, et pourrait avoir des retombées économiques significatives.
