Le lycée français Alexandre Dumas à Alger fait l’objet de vives critiques de la part d’associations de parents d’élèves. Ces derniers demandent aux autorités algériennes et à la représentation française en Algérie d’ouvrir une enquête urgente et de revoir la gestion de ces lycées, afin de garantir un enseignement équitable et non discriminatoire. Une plainte a également été déposée auprès des instances judiciaires compétentes à Alger, exigeant une investigation sur le respect des lois nationales et des accords bilatéraux.
Lors d’un entretien avec le journal arabophone El Khabar, des représentants de parents d’élèves ont présenté des documents officiels attestant de ce qu’ils qualifient de « violations graves » dans le fonctionnement de ces établissements. Parmi les principaux griefs figurent des restrictions concernant les pratiques religieuses.
Selon une note interne révélée par le journal, le lycée français présent également à Oran et Annaba, appliquerait une interprétation stricte de la laïcité française, interdisant tout signe religieux, y compris le port du hijab, ainsi que toute référence à l’islam, même dans les conversations entre élèves ou enseignants. Cette politique est jugée en contradiction avec la Constitution algérienne, qui reconnaît l’islam comme religion d’État et garantit la liberté de culte.
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Un enseignement en décalage avec le programme algérien
Les parents dénoncent également des irrégularités dans le domaine juridique. Ils affirment que des syndicats français, tels que le SNES et le SGEN, ainsi que des associations de parents d’élèves, opèrent sous le régime de la loi française de 1901 sans autorisation des autorités algériennes. Cette situation enfreindrait la législation locale sur les associations (loi 12-06) et le droit du travail (loi 90-14), qui imposent l’enregistrement des organisations syndicales auprès des instances algériennes.
Autre sujet de controverse : l’absence de certaines matières essentielles du cursus algérien, comme l’histoire et l’éducation civique. Pourtant, l’accord franco-algérien de 2002 prévoit l’intégration de ces enseignements. Les parents estiment que cette omission prive les élèves d’un lien avec leur patrimoine culturel et historique.
Des disparités dans l’attribution des bourses et des frais exorbitants
Les critiques portent aussi sur des inégalités dans l’accès aux bourses d’études, réservées aux élèves français, alors que leurs camarades algériens, pourtant éligibles, en sont exclus. Par ailleurs, les frais de scolarité et d’examens ont connu des hausses significatives. Les droits d’inscription au baccalauréat s’élèvent désormais à 305 000 dinars (2 110 euros), soit une augmentation de 430 % en trois ans, tandis que les frais annuels atteignent 800 000 dinars, en hausse de 52 % depuis neuf ans. Ces tarifs sont bien supérieurs à ceux pratiqués au Maroc (356 euros) ou en Tunisie (293 euros), suscitant des interrogations sur l’équité de cette politique.
Face à ces reproches, les parents affirment avoir alerté l’administration du lycée et la conseillère culturelle de l’ambassade de France, qui leur aurait répondu que ces questions relevaient exclusivement des canaux diplomatiques. Une position perçue comme une tentative d’exclure les familles algériennes du débat, malgré leur contribution financière.
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