TikTok interdit en Algérie ? Le débat est relancé

L’éventualité de voir TikTok interdit en Algérie suscite de vives réactions après l’intervention récente d’un député auprès du Premier ministre. Face à la montée des contenus jugés problématiques sur la plateforme, des appels à une interdiction se multiplient, tandis que le gouvernement renforce les mécanismes de contrôle et de régulation.

L’application chinoise, prisée par la jeunesse algérienne, est désormais au cœur d’un affrontement entre liberté numérique et impératifs sécuritaires. Le député Abdelbasset Bouhali a relancé le débat national en adressant une demande écrite au chef du gouvernement Nadir Larbaoui, plaidant pour l’interdiction de TikTok.

Dans sa lettre, il alerte sur la prolifération de contenus jugés immoraux ou dangereux, notamment les défis viraux qui circulent largement auprès des adolescents. Ces pratiques, selon lui, mettent en péril la stabilité sociale et favorisent des comportements à risque.

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Une vieille revendication

Cette initiative politique n’est pas nouvelle. Le ministère de l’Éducation nationale avait déjà, en 2019, mis en garde contre l’usage de TikTok dans les établissements scolaires. Le phénomène a également mobilisé le ministère de la Justice, qui a donné des instructions pour poursuivre les utilisateurs diffusant des contenus contraires à la morale ou menaçant l’ordre public.

En parallèle, les forces de sécurité ont récemment démantelé des réseaux utilisant la plateforme à des fins illicites. Des influenceurs ont aussi été poursuivis en justice pour leurs publications jugées offensantes, dangereuses ou immorales.

Dans un contexte marqué par une volonté de contrôle du numérique, le nouveau code pénal, promulgué en mai 2024, prévoit jusqu’à 30 ans de prison pour la diffusion de données sensibles relatives à la sécurité nationale sur les réseaux sociaux. Cette disposition s’ajoute à la loi n°20-05 sur le discours de haine et la discrimination, déjà en vigueur depuis 2020.

Une plateforme omniprésente chez les jeunes

Malgré ces restrictions croissantes, TikTok reste extrêmement populaire. D’après les chiffres de DataReportal 2024, l’application compte plus de 7 millions d’utilisateurs actifs en Algérie, dont une majorité âgée de 13 à 25 ans. Cette jeunesse connectée, avide de création de contenu, constitue un public difficile à ignorer pour les autorités.

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Face à l’ampleur de l’usage de TikTok, plusieurs experts appellent à éviter une interdiction brutale. Ils plaident pour une stratégie de régulation intelligente, incluant l’éducation numérique, la responsabilisation des utilisateurs et le développement de contenus algériens alternatifs. Le gouvernement semble avoir amorcé cette voie avec la mise en place d’un code d’activité officiel pour les influenceurs sur les réseaux sociaux.

TikTok affirme utiliser un système de modération automatisée, combiné à des équipes humaines réparties dans plusieurs régions du monde. Toutefois, aucun centre de modération n’est basé en Algérie, ce qui limite la capacité de réaction aux contenus sensibles dans le contexte local.


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