L’affaire Mohamed Lamine Belghit a pris une tournure judiciaire. L’historien et universitaire algérien est au centre d’une polémique nationale après des propos controversés sur l’identité amazighe, tenus lors d’un entretien télévisé diffusé sur la chaîne Sky News Arabia.
Le parquet de Dar El Beïda a réagi ce samedi 3 mai, en ouvrant une enquête pour atteinte aux symboles de l’État et incitation à la haine. Lors de l’interview, Mohamed Lamine Belghit, présenté comme spécialiste de l’histoire du Maghreb, a affirmé que l’amazighité était un projet idéologique étranger. Selon lui, il ne s’agirait pas d’un fait culturel ou historique enraciné, mais d’une construction politique franco-sioniste visant à fragiliser l’unité du Maghreb. Il a aussi nié l’existence d’une culture amazighe authentique, parlant à la place de berbérité, et attribuant des origines arabes aux populations nord-africaines.
Ces déclarations ont rapidement été perçues comme une négation frontale de l’identité amazighe, reconnue officiellement dans la Constitution algérienne. Tamazight est langue officielle de l’État aux côtés de l’arabe, et fait partie intégrante des fondements de la nation. En contestant ce statut, l’universitaire a déclenché un tollé dans la société civile et les milieux politiques.
Mohamed Lamine Belghit et Boualem Sansal, les mêmes raclures : la négation de l’identité algérienne au profit de puissances étrangères. https://t.co/uXqcFXatrV
— Le Phare (@Wisbock) May 3, 2025
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Belghit placé en détention provisoire
Face à la diffusion massive des propos sur les réseaux sociaux, le ministère public a publié un communiqué ce samedi. Il y annonce l’ouverture d’une enquête préliminaire pour atteinte à l’unité nationale, incitation à la haine et propos discriminatoires. Selon Ennahar, Mohamed Lamine Belghit a été présenté devant le parquet, puis placé en détention provisoire par un juge d’instruction.
Le ministère public souligne que les faits reprochés violent les principes constitutionnels qui encadrent l’expression publique, notamment ceux relatifs à la protection de l’identité nationale. Le caractère public de l’interview, diffusée sur une chaîne étrangère, renforce la gravité perçue par les autorités.
Vague de réactions
Le traitement de l’affaire a suscité une réaction immédiate de la Télévision publique algérienne. Sans mentionner le nom de Belghit, un commentaire lu au journal télévisé de 20 h a dénoncé un discours idéologique porté par des médias étrangers. La chaîne Sky News Arabia, basée aux Émirats arabes unis, a été explicitement mise en cause pour avoir offert une tribune à ce type de propos.
Sur le plan politique, plusieurs responsables ont exprimé leur inquiétude. Plusieurs responsables politiques ont interpelé les ministères concernés : Justice, Enseignement supérieur et Communication. Selon de nombreux intervenants, les déclarations de Belghit menacent l’équilibre constitutionnel et nécessitent une réponse à la hauteur.
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