Un salarié algérien en France, employé comme machiniste à la RATP, se retrouve dans une situation administrative critique en raison de délais interminables pour le renouvellement de son titre de séjour. Menacé de licenciement, il alerte sur les conséquences humaines et professionnelles de ces retards, un cas qui n’est malheureusement pas isolé.
Selon France 3 Régions, Mohamed, un conducteur de bus de 34 ans de nationalité algérienne, a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 12 octobre 2024 via l’Administration numérique des étrangers en France (Anef). Rattaché à la préfecture des Hauts-de-Seine, il n’a depuis reçu aucune réponse malgré ses multiples relances par mail, courrier recommandé et déplacements sur place.
Son attestation de prolongation d’instruction n’étant plus valable, la RATP l’a averti, dans un courrier daté du 15 avril 2025, qu’il avait trois mois pour régulariser sa situation sous peine de licenciement. "J’ai peur de me retrouver sans-papiers et sans travail", confie-t-il, déplorant des délais "interminables" et l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous en préfecture.
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Un problème qui dépasse le cas individuel
Mohamed, père d’un enfant et locataire, craint désormais de perdre son emploi et ses revenus. "On m’a posé un mois de vacances et après je suis sans solde. Je me retrouve bloqué chez moi à ne rien pouvoir faire. Je déprime", raconte-t-il. Employé depuis septembre 2022, il souligne son attachement à son travail et le soutien de ses collègues, mais se sent impuissant face à l’administration.
La CGT-RATP, qui le soutient, alerte sur l’urgence de sa situation. Ahmed Berrahal, élu syndical, a interpellé la direction de l’entreprise et Jean Castex, PDG de la RATP, pour qu’ils interviennent auprès de la préfecture. "Il pourrait même se faire expulser. Il n’y est pour rien, ce n’est pas normal", dénonce-t-il.
Ahmed Berrahal affirme que Mohamed n’est pas un cas isolé. Plusieurs autres salariés étrangers de la RATP seraient confrontés à des difficultés similaires en raison des retards accumulés par les préfectures. "J’ai reçu quatre appels récemment. Peu importe la préfecture, c’est compliqué partout", précise-t-il. "La question des relations diplomatiques entre la France et l’Algérie pourrait-elle influencer le traitement des dossiers ? " s’interroge l’élu CGT, mais souligne surtout les dysfonctionnements systémiques de l’administration.
