Le recours exclusif aux paiements bancaires dans les transactions immobilières en Algérie, au lieu du cash, est désormais obligatoire. Cette décision marque une rupture avec les pratiques informelles qui ont longtemps dominé le marché. L’objectif est clair : lutter contre la spéculation, encadrer les prix et sécuriser les opérations d’achat-vente.
Depuis l’entrée en vigueur de cette obligation, toutes les transactions immobilières doivent être effectuées par virement bancaire. Cette mesure vise à éliminer les échanges en espèces, souvent utilisés pour contourner la fiscalité, dissimuler l’origine des fonds ou alimenter la spéculation.
Le paiement en cash, difficilement traçable, permettait jusqu’ici de gonfler artificiellement les prix, notamment dans les grandes agglomérations comme Alger, Oran ou Constantine. En supprimant ce mode de règlement, les autorités cherchent à établir un cadre financier formel, contrôlable par les institutions bancaires et fiscales.
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Impact sur les prix et le comportement des acheteurs
D’après la Fédération nationale des agences immobilières (FNAI), la restriction du cash a provoqué un recul immédiat des opérations spéculatives. L’accès limité à des fonds non traçables réduit les possibilités de surenchère. Résultat : les prix commencent à se stabiliser dans plusieurs régions.
Ce refroidissement du marché est également soutenu par la relance de la production immobilière, notamment à travers le programme AADL 3 et l’accélération des chantiers de logements sociaux et ruraux. Cette augmentation de l’offre, combinée à la diminution de la demande spéculative, devrait mécaniquement entraîner une révision à la baisse des valeurs immobilières dans les prochains trimestres.
Nécessité d’un financement bancaire adapté
Pour accompagner cette transition du cash vers le paiement bancaire, les professionnels du secteur appellent à une réforme du crédit immobilier. La FNAI recommande la mise en place de prêts bancaires à taux bonifiés, avec des conditions d’octroi assouplies, pour élargir l’accès au financement légal.
Les produits existants sont jugés inadaptés à la diversité des profils d’acheteurs. Le secteur bancaire est donc invité à proposer des solutions différenciées : crédits à court terme pour les loyers ou travaux, et prêts à moyen ou long terme pour l’achat ou la construction. L’intégration du financement islamique est également envisagée, afin de capter une clientèle encore exclue du système bancaire conventionnel et en finir avec le paiement en cash.
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Mise en place d’un référentiel national des prix
Dans une logique de transparence, le ministère des Finances a lancé un guide national des valeurs commerciales immobilières. Ce document, consultable en ligne, fixe des fourchettes de prix par commune et par type de bien (résidentiel, locatif, commercial). Il sert de référence aux notaires, aux banques et aux services fiscaux.
Ce référentiel permet de limiter les évaluations fantaisistes souvent imposées par les vendeurs quand ils se faisaient payer en cash. Il sert également de base pour le calcul des droits d’enregistrement et des impôts liés à la transaction. L’objectif est d’instaurer un barème cohérent à l’échelle nationale, qui reflète la réalité du marché.
Lutte contre la médiation illégale
Parallèlement à la régulation financière, les autorités s’attaquent à l’un des vecteurs de la spéculation : les courtiers informels, appelés localement « samsars ». Présents dans toutes les étapes de la chaîne de vente, ces intermédiaires non agréés fixent leurs propres marges et contribuent à l’inflation des prix.
La FNAI réclame des sanctions pénales contre la médiation non encadrée, ainsi qu’un renforcement des contrôles par les autorités locales. L’agrément obligatoire pour les agents immobiliers est présenté comme une mesure de sécurisation des transactions, visant à exclure les acteurs non professionnels du circuit.
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L’interdiction du cash dans l’immobilier constitue un levier fort de régulation. Elle modifie la logique de fonctionnement du marché, en imposant des standards bancaires et fiscaux à l’ensemble des transactions. Si les mesures d’accompagnement sont mises en œuvre, notamment en matière de financement et de contrôle, cette réforme pourrait durablement transformer le secteur..
