Gaz : l'Algérie devancée par les Etats-Unis en Espagne

L’Algérie, fournisseur historique de gaz naturel de l’Espagne, a été reléguée à la deuxième place en avril 2025, dépassée par les États-Unis. Cette évolution résulte d’un repositionnement stratégique du marché espagnol en faveur du gaz naturel liquéfié (GNL).

Les données publiées par Ettaqa, l’opérateur du réseau gazier espagnol, indiquent une baisse de 10 % des importations globales de gaz de l’Espagne en avril par rapport à mars, atteignant 32,90 térawattheures (TWh) contre 36,53 TWh précédemment. En glissement annuel, les importations progressent toutefois de 22,7 %, signe d’une demande toujours soutenue sur le marché espagnol.

L’Algérie a exporté 9,87 TWh de gaz vers l’Espagne en avril, contre 21 TWh en mars, enregistrant une baisse de 53 % en un mois. Cette chute s’explique par une réduction des volumes transportés via le gazoduc Medgaz (7,82 TWh) et un recul des livraisons de GNL (2,05 TWh). En parallèle, les États-Unis ont intensifié leurs expéditions avec 14,46 TWh, soit 44 % du total importé, plaçant Washington en tête des fournisseurs.

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Changement de structure du mix gazier espagnol

La part du GNL dans les importations espagnoles a atteint 71,5 % en avril, contre 60,2 % un an plus tôt. Cette évolution confirme la bascule progressive du pays vers des flux plus flexibles et diversifiés, principalement par voie maritime. Le gaz naturel transporté par pipeline ne représente plus que 28,5 % des volumes, ce qui affaiblit mécaniquement la position des pays dépendant de cette infrastructure, comme l’Algérie.

Le recours au GNL permet à l’Espagne de mieux gérer les variations saisonnières et d’optimiser l’usage de ses terminaux de regazéification, parmi les plus développés d’Europe. Cette infrastructure permet d’absorber les surplus mondiaux, notamment en provenance des États-Unis, dont la production est en constante augmentation grâce à l’exploitation des champs de schiste.

Retrait temporaire d’Alger

La perte de la première place par l’Algérie intervient après une période de reprise en mars 2025, durant laquelle elle avait temporairement regagné sa position dominante. Le recul observé en avril relance les interrogations sur la compétitivité de l’offre algérienne, dont la rigidité logistique et les contraintes contractuelles apparaissent moins adaptées à l’évolution du marché spot.

Sur un an, les exportations algériennes de gaz naturel et de GNL ont décliné, dans un contexte de tension sur la production et d’incertitudes liées aux accords bilatéraux. L’effritement de la position algérienne en Espagne constitue un signal fort pour Sonatrach, confrontée à une pression concurrentielle accrue sur les marchés européens.

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Montée en puissance d’autres fournisseurs

Derrière les deux principaux exportateurs, la Russie conserve une part significative avec 4,39 TWh de GNL (13,3 %), malgré une tendance à la baisse. Le Portugal renforce sa présence avec 1,41 TWh de gaz naturel transmis via interconnexion, multipliant par quatre ses volumes par rapport à mars. Le Pérou, le Congo et la Norvège contribuent chacun avec des livraisons inférieures à 1 TWh, tandis que la France reste marginale. Aucun gaz n’a été importé en avril depuis le Qatar, le Nigéria, l’Angola, la Belgique ou le Cameroun.

Les réserves de gaz en Espagne ont atteint 69 % de leur capacité en avril, contre 84 % à la même période en 2024. Cette baisse de 16,6 % souligne la nécessité pour Madrid de garantir la continuité d’approvisionnement à l’approche de l’hiver, en consolidant ses partenariats et en renforçant sa résilience énergétique.

 


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