L’Algérie a finalisé un appel d’offres portant sur l’acquisition de 700 000 tonnes de blé meunier, avec une clause précisant une origine exclusive depuis les ports de la mer Noire. Cette opération, pilotée par l’Office national interprofessionnel des céréales (OAIC), s’inscrit dans la stratégie d’approvisionnement mise en œuvre pour la campagne 2024-2025 et confirme le recentrage des importations algériennes sur des sources jugées plus compétitives.
La cargaison, qui devrait être livrée dans les prochains mois, proviendra exclusivement de fournisseurs situés dans la région de la mer Noire, principalement la Russie et l’Ukraine. Selon El Watan , qui cite terte-net, ce choix reflète une réorientation stratégique entamée depuis deux campagnes consécutives, où l’OAIC a progressivement réduit sa dépendance aux origines traditionnelles, notamment françaises.
Cette préférence est motivée par des critères à la fois économiques et logistiques. Les blés de la mer Noire présentent un bon rapport qualité-prix, une régularité de l’offre, ainsi qu’une proximité maritime stratégique via les ports méditerranéens. L’ajustement tarifaire opéré par ces exportateurs leur permet également de rester compétitifs face à la concurrence européenne.
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Repli du blé français sur le marché algérien
L’impact de cette stratégie est visible sur le commerce extérieur français. L’Algérie, longtemps premier client du blé tendre français, a réduit significativement ses achats. Selon les données de FranceAgriMer, cette évolution pèse lourdement sur les perspectives de la campagne 2024/2025, à un moment où les volumes disponibles sont en hausse.
La baisse des volumes exportés vers Alger se conjugue à un ralentissement des achats chinois, autre client majeur du blé européen. Cette double pression met les opérateurs français dans une situation d’incertitude, comme l’indique Julie Garet, responsable du pôle grains et sucre de l’établissement public. La question d’une redéfinition des débouchés commerciaux se pose avec acuité.
Conditions de marché et arbitrages géopolitiques
Le choix de l’Algérie s’explique aussi par les évolutions récentes du marché mondial. Le rapport WASDE de mai publié par le département américain de l’agriculture (USDA) prévoit une augmentation des stocks mondiaux de blé pour 2024-2025 (+2 %), en raison d’une production européenne revue à la hausse. Ces prévisions ont entraîné une baisse des cours sur les principales places de cotation, notamment à Chicago et sur Euronext.
Dans ce contexte de prix orientés à la baisse, l’OAIC a pu négocier des volumes conséquents à des niveaux avantageux. En parallèle, les incertitudes liées à la politique commerciale américaine, les tensions sur les droits de douane et les ajustements géopolitiques influencent les flux de céréales. Ces facteurs poussent les acheteurs institutionnels à diversifier leurs fournisseurs et à verrouiller leurs approvisionnements sur des zones jugées plus stables ou plus flexibles.
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