L’Algérie franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur maritime avec le lancement d’Andalouza, une compagnie de transport de passagers opérée par le groupe public Madar. À partir de juin 2025, cette nouvelle compagnie assurera des liaisons régulières entre les ports algériens d’Oran et de Mostaganem, et les ports espagnols d’Alicante et d’Almeria.
Selon Algérie Aujourd'hui qui cite le magazine Indjazat, le projet est piloté par Madar Maritime Company, une filiale récemment créée dans le giron du groupe Madar. La société a été structurée pour répondre aux exigences du transport maritime de passagers à l’échelle régionale. Elle s’inscrit dans une stratégie de diversification industrielle visant à renforcer les services de mobilité maritime entre l’Algérie et l’Europe du Sud.
La création d’Andalouza répond à un besoin opérationnel clair : augmenter la capacité de transport pendant les périodes de forte affluence, notamment l’été, et décongestionner les lignes existantes souvent saturées. Cette initiative permet également de proposer des alternatives viables au départ de l’Ouest algérien, jusqu’ici moins desservi que la capitale.
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Le Romantika, un navire adapté aux standards actuels
Pour ses premières opérations, Andalouza mettra en service le ferry Romantika, un navire construit en 2002 et long de 193 mètres. Le bâtiment a été inspecté au port de Tallinn, en Estonie, par le Bureau d’expertise maritime et industriel (BEMI). L’évaluation technique conclut à un bon état général, permettant une exploitation commerciale sans réserve.
Le Romantika est conçu pour transporter jusqu’à 2 500 passagers, 450 véhicules légers et 70 unités de fret sous forme de remorques. Ces capacités placent le navire dans la catégorie des ferries mixtes à fort rendement, capables d’assurer un trafic soutenu sur des distances moyennes. Son profil technique correspond aux besoins logistiques identifiés sur l’axe Oran–Espagne.
Des liaisons maritimes vers l'Espagne
Le choix des ports de départ et d’arrivée répond à des logiques de proximité géographique et de densité migratoire. Oran et Mostaganem sont les deux plus grands ports de l’Ouest algérien, proches des principales agglomérations de la région. De l’autre côté, Alicante et Almeria sont des ports espagnols bien connectés au réseau autoroutier européen, et souvent empruntés par la diaspora algérienne.
Ce positionnement permet de raccourcir les temps de trajet et de répartir la pression sur les infrastructures maritimes en évitant la surcharge des ports du Centre comme Alger. Andalouza ambitionne ainsi de capter une part significative du trafic transméditerranéen, notamment durant la saison estivale.
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Un positionnement public dans un marché peu concurrentiel
Le secteur du transport maritime de passagers entre l’Algérie et l’Europe reste dominé par des opérateurs publics. Avec l’arrivée d’Andalouza, Madar entre sur un segment où la demande dépasse l’offre, notamment durant les mois de juin à septembre. Cette configuration donne un avantage opérationnel certain à la nouvelle compagnie, qui peut se positionner rapidement grâce à des infrastructures portuaires existantes et une flotte déjà opérationnelle.
Pour l’instant, aucun calendrier détaillé de traversées n’a été publié, mais le début des rotations est prévu courant juin. L’exploitation en haute saison permettra d’évaluer en conditions réelles les performances logistiques, le taux de remplissage et la qualité des services à bord.
