Le président Abdelmadjid Tebboune a pris une série de décisions concernant les importations par cabas, une pratique répandue en Algérie, mais souvent confrontée à des difficultés administratives et douanières. Ces nouvelles mesures visent à encadrer cette activité tout en offrant des solutions alternatives aux personnes concernées.
Selon un communiqué de la présidence de la République publié ce lundi 18 mai 2025 suite à la réunion du Conseil des ministres, le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune a ordonné au gouvernement d'accorder le statut d'"agents économiques" aux importateurs informels, communément appelés "commerçants de cabas". Cette mesure leur permettra de "bénéficier d'avantages sociaux prévus dans la loi sur l’auto-entrepreneur".
Le communiqué précise que cette initiative vise à "régulariser leur situation, souvent caractérisée par des saisies de marchandises et des pertes financières". Le président Tebboune a demandé au Premier ministre de " former une commission chargée de définir les mécanismes d’activité de ces jeunes qui investissent des capitaux modestes pour importer des produits de consommation courante". Cette commission devra également " établir une liste des marchandises autorisées à l’importation, tout en veillant au respect des règles fiscales et douanières" ajoute le communiqué de la Présidence.
Cette décision intervient dans un contexte où de nombreux Algériens, notamment des jeunes, recourent au commerce du cabas pour importer divers produits depuis l’étranger : smartphones, cosmétiques, articles électroniques, vêtements, chaussures, etc. Cependant, ces importations se heurtent souvent aux contrôles douaniers, entraînant des confiscations, conformément à la réglementation en vigueur.
Vers une formalisation des activités du commerce du cabas
Cette nouvelle mesure s’inscrit dans la continuité des efforts déployés par les autorités pour structurer le secteur informel. En janvier 2024, une plateforme numérique avait été lancée pour enregistrer les demandeurs de la carte de l’auto-entrepreneur, permettant à près de 1 300 métiers d’exercer en toute légalité.
L’idée d’une carte professionnelle pour les travailleurs indépendants (freelancers) remonte à 2021, lorsqu’un groupe d’entreprises algériennes du numérique (GAAN) avait plaidé pour cette réforme. Les bénéficiaires profitent désormais d’un taux préférentiel de 0,5 % sur leur chiffre d’affaires annuel, ainsi que d’un régime spécial de couverture sociale.
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Les nouvelles annonces du président Tebboune reflètent ainsi une volonté de concilier souplesse économique et respect des règles. En offrant un cadre légal aux importateurs par cabas, les autorités espèrent réduire la précarité tout en maintenant un contrôle sur les flux commerciaux.
