L’Algérie s’apprête à intégrer les auto-entrepreneurs dans les mécanismes formels de l’économie. La secrétaire générale du ministère de l’Économie de la connaissance, des starts-up et des micro-entreprises Nassima Arhab a confirmé que des textes réglementaires sont en cours de finalisation pour permettre à ces travailleurs indépendants de participer aux marchés publics.
Cette mesure vise à encadrer juridiquement une activité en forte croissance, tout en élargissant l’offre de prestations pour les administrations et les entreprises. Selon Nassima Arhab, les décrets en préparation permettront de reconnaître officiellement les auto-entrepreneurs comme opérateurs économiques. Les discussions menées avec le ministère des Finances aboutiront à un dispositif clair, définissant les conditions d’éligibilité aux appels d’offres publics.
Ce cadre réglementaire répond à une double exigence : sécuriser les relations contractuelles avec l’État et garantir les droits des prestataires. Le futur système introduira des contrats légaux et standardisés, assurant le paiement des prestations et réduisant les contentieux liés à l’absence de statut.
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Un statut qui séduit, mais encore sous-exploité
Depuis la mise en place du régime, plus de 30 000 cartes d’auto-entrepreneur ont été délivrées. L’intérêt est particulièrement marqué dans les filières du numérique, qui regroupent à elles seules 45 % des inscrits. Développement web, design graphique, services en ligne : les métiers technologiques sont devenus le moteur principal du dispositif.
Le système autorise actuellement plus de 1 300 activités. Parmi elles, on retrouve des services techniques, des prestations à domicile, des missions de conseil, ou encore des services liés à l’assistance informatique. Ce spectre large favorise la formalisation de multiples activités non structurées.
Inclusion ciblée de publics spécifiques
Les données du ministère indiquent une sous-représentation des femmes dans ce dispositif, avec un taux de 15 à 17 %. Pour y remédier, des mesures d’accompagnement seront déployées afin de faciliter leur accès au régime, notamment via des campagnes d’information spécifiques et un soutien à la formalisation de leurs activités.
Autre catégorie visée : les seniors de 50 à 80 ans, souvent en retraite anticipée, mais disposant d’une expertise valorisable dans le conseil ou l’appui technique. Plusieurs d’entre eux ont déjà rejoint le dispositif, en mettant leur expérience au service de projets locaux ou d’entreprises émergentes.
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Une interface numérique et un régime fiscal allégé
L’inscription au statut se fait entièrement en ligne via une plateforme centralisée, interconnectée avec les services des impôts et de la sécurité sociale. Cette numérisation permet un enregistrement rapide, sans déplacement ni dossier papier.
Sur le plan fiscal, le régime applique une contribution forfaitaire de 0,5 % du chiffre d’affaires annuel, avec un plafond fixé à 5 millions de dinars sur une période de trois ans. Si cette limite est franchie, l’auto-entrepreneur est automatiquement réorienté vers le statut de microentreprise, soumis à des obligations comptables plus étendues.
