Le complexe industriel de Cevital à Béjaïa a reçu une visite diplomatique qui dépasse le simple cadre protocolaire. James Downer, ambassadeur du Royaume-Uni en Algérie, s’est rendu sur le site du groupe privé algérien, dans un contexte où Londres cherche à approfondir ses relations économiques avec Alger.
Pour le diplomate britannique, la visite était notamment l’occasion de voir de plus près les capacités industrielles développées par Cevital dans la région de Béjaïa, mais aussi de s’intéresser au rôle joué par le groupe dans l’emploi, l’innovation et l’activité économique locale.
L’ambassade britannique a d’ailleurs mis en avant deux mots au cœur de cette visite : industrie et innovation, présentées comme des moteurs de croissance économique.
Cevital, un poids lourd de l’industrie privée algérienne
Fondé par Issad Rebrab et aujourd’hui dirigé par son fils Malik Rebrab, Cevital s’est développé bien au-delà de son activité agroalimentaire historique. Le groupe compte désormais 26 filiales, présentes notamment dans l’industrie, l’agroalimentaire, la distribution, l’automobile et les services. Il emploie plusieurs milliers de personnes et dispose de plusieurs implantations industrielles en Algérie.
Mais Béjaïa reste l’un de ses principaux centres de production. Le site concentre plusieurs installations importantes dans la transformation agroalimentaire, avec notamment une raffinerie d’huile, une unité de production de margarine et une raffinerie de sucre. Plus récemment, Cevital y a également développé une importante unité de trituration de graines oléagineuses, dont la capacité annoncée atteint deux millions de tonnes par an.
Pour l’Algérie, ce type d’investissement revêt une importance particulière. La transformation locale des graines oléagineuses doit permettre d’augmenter la production nationale d’intrants destinés à l’industrie alimentaire et de réduire une partie de la dépendance aux importations.
Londres regarde davantage vers l’industrie algérienne
La visite de James Downer intervient surtout dans une période où le Royaume-Uni cherche à donner davantage de contenu économique à sa relation avec l’Algérie.
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En poste depuis janvier 2025, l’ambassadeur britannique a régulièrement évoqué le potentiel d’un renforcement des échanges entre les deux pays. Il a notamment présenté l’Algérie comme un partenaire important du Royaume-Uni en Afrique et plaidé pour davantage de coopération dans l’industrie et les services.
Les relations entre Alger et Londres ne se limitent toutefois pas au commerce. Les deux pays ont également développé leurs échanges dans des domaines comme l’éducation, la défense ou encore la justice. Mais l’économie et l’investissement prennent progressivement une place plus visible dans cette relation bilatérale.
Dans ce contexte, la visite d’un site comme celui de Cevital n’est pas anodine. Le groupe représente l’un des principaux exemples de développement industriel privé en Algérie, avec des activités qui touchent directement à plusieurs priorités économiques du pays : transformation locale, substitution aux importations, production agroalimentaire et développement des capacités industrielles.
Une visite qui peut ouvrir la voie à de nouveaux échanges
À ce stade, aucun projet d’investissement britannique chez Cevital n’a été annoncé à l’occasion de cette visite. Il serait donc prématuré d’y voir l’annonce d’un partenariat précis.
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Le déplacement de l’ambassadeur reste néanmoins révélateur de l’intérêt porté par Londres aux acteurs industriels algériens capables de jouer un rôle dans le développement de relations économiques plus importantes entre les deux pays.
Pour Cevital, cette visite constitue aussi une vitrine internationale supplémentaire pour son complexe de Béjaïa, alors que le groupe poursuit l’extension de ses capacités industrielles.
