L’Algérie passe à l’action pour récupérer ses navires bloqués

L’Algérie a engagé une opération de récupération de plusieurs navires de commerce bloqués depuis plusieurs années dans des ports étrangers. Cette initiative, menée par le ministère des Transports, vise à restaurer une flotte nationale logistique affaiblie, tout en répondant aux besoins croissants liés à la relance des exportations hors hydrocarbures.

Le ministre des Transports, Said Sayoud, a confirmé que deux navires algériens seront rapatriés cette semaine. Le premier, immobilisé au port d’Anvers (Belgique), est prêt à reprendre la mer. Le second, basé à Istanbul, est également en cours de préparation pour un retour imminent. Ces bâtiments avaient été bloqués pour des raisons administratives ou techniques, mais leur récupération marque un point de départ concret dans le plan de remise en état de la flotte.

Cinq autres navires concernés

En plus de ces deux premiers navires, cinq autres unités sont en attente de récupération. Certaines ont été détournées de leur usage initial dans le cadre de partenariats commerciaux mal encadrés avec des armateurs étrangers. Ces situations ont donné lieu à des négociations menées par les autorités algériennes pour assurer la préservation des intérêts de l’État, en réaffirmant la propriété juridique de l’Algérie sur les bâtiments concernés.

Économie Algérie-Tunisie : les échanges commerciaux bondissent de 166 % en cinq ans

Dans certains cas, des solutions hybrides ont été trouvées : les navires continuent d’être exploités par les partenaires étrangers, mais avec des garanties contractuelles assurant un retour économique pour l’Algérie.

Des carences logistiques identifiées

La situation actuelle met en lumière des faiblesses dans la gestion des infrastructures maritimes algériennes. Le ministre a souligné que de nombreux opérateurs économiques préfèrent actuellement affréter des navires européens, plus fiables et compétitifs. À titre d’exemple, un exportateur a indiqué qu’il lui était moins coûteux d’expédier ses marchandises vers l’Afrique de l’Ouest en passant par l’Espagne, via un armateur étranger.

Cette perte de compétitivité repose sur plusieurs facteurs : disponibilité des navires, coûts d’exploitation, retards dans les ports et manque de liaisons directes. Le ministère a engagé une réflexion pour corriger ces déséquilibres structurels.

Nouvelles lignes maritimes à l’étude

Afin d’étendre le réseau de transport maritime, le gouvernement envisage l’ouverture de nouvelles lignes commerciales. Une liaison vers l’Est de la Méditerranée, incluant le Qatar, Oman et l’Arabie saoudite, est à l’étude. Cette ligne viendrait compléter celle récemment mise en service vers l’Afrique de l’Ouest, reliant Alger à Nouakchott et Dakar.

Économie L’Algérie exporte 26 000 tonnes de ce produit vers les États-Unis

Le ministère souhaite également renforcer les connexions avec le sud de l’Europe, bien que la concurrence des opérateurs européens demeure un obstacle majeur à la rentabilité de ces lignes.


Vous aimez cet article ? Partagez !