L’Algérie affiche un intérêt croissant pour l’hydrogène blanc, une forme d’énergie émergente qui suscite de nombreuses attentes à l’échelle mondiale. Aussi appelé hydrogène natif, ce gaz se distingue par sa production naturelle dans le sous-sol, contrairement à l’hydrogène vert ou gris qui nécessitent des procédés industriels complexes. Dans le cadre de sa stratégie énergétique, l’Algérie entend désormais s’appuyer sur cette ressource pour diversifier son mix énergétique et répondre aux défis de la transition écologique.
L’hydrogène blanc présente un avantage considérable : il ne requiert pas d’investissements lourds en infrastructures pour être produit, car il existe naturellement dans certaines formations géologiques. Cette caractéristique en fait une alternative énergétique potentiellement moins coûteuse et plus durable. L’Algérie, traditionnellement dépendante des hydrocarbures, voit dans cette molécule une opportunité stratégique pour réduire son empreinte carbone et participer activement à la révolution énergétique mondiale.
Lors d’une réunion organisée, lundi 19 mai 2025, par le club Energy au ministère de l’Énergie, plusieurs experts ont présenté les perspectives offertes par l’hydrogène blanc. Selon un communiqué du ministère en question, les discussions ont notamment porté sur les techniques d’exploration avancées, telles que la télédétection, le magnétisme portable et la modélisation numérique, permettant d’identifier avec précision les gisements potentiels.
Économie Algérie-Tunisie : les échanges commerciaux bondissent de 166 % en cinq ans
Un potentiel géologique favorable à l’Algérie
Le professeur Nasreddine Kazi Tani, géologue de renom, a souligné que la structure géologique du pays pourrait contenir d’importantes réserves d’hydrogène natif. Bien que ces estimations nécessitent des recherches approfondies pour être confirmées, elles suggèrent déjà que l’Algérie pourrait devenir un acteur majeur sur ce marché émergent.
Par ailleurs, les réserves naturelles d’hydrogène blanc, en se formant naturellement, limitent les coûts de production par rapport aux autres types d’hydrogène, qui exigent généralement un recours à l’électrolyse ou à la reformulation de combustibles fossiles. Cette particularité rend cette ressource particulièrement attractive dans le contexte de la transition énergétique mondiale.
Une course internationale à l’exploration
Le développement de l’hydrogène blanc connaît un essor rapide au niveau mondial. Plusieurs pays ont déjà attribué des licences d’exploration à des sociétés énergétiques pour démarrer les recherches et préparer la future production. L’Algérie, consciente de l’enjeu stratégique, se positionne pour ne pas être distancée.
Économie L’Algérie exporte 26 000 tonnes de ce produit vers les États-Unis
Le gouvernement algérien affiche sa volonté de soutenir ce secteur en pleine expansion, qui pourrait redéfinir les équilibres énergétiques à l’échelle régionale et internationale. La valorisation de l’hydrogène blanc s’inscrit dans une ambition plus large de transition vers des énergies bas carbone, au moment où les marchés mondiaux se tournent vers des solutions plus durables. L’Algérie mise sur l’hydrogène blanc comme une ressource d’avenir. Sa richesse géologique et son engagement politique pourraient lui permettre de jouer un rôle de premier plan dans la révolution énergétique mondiale.
