Régularisation de l’importation par cabas en Algérie : ce qu'il faut savoir

L’État algérien a décidé de régulariser l’importation par cabas, une activité largement répandue parmi les jeunes sans statut officiel. Le gouvernement met en place un dispositif juridique et fiscal destiné à encadrer cette pratique, en y intégrant des mesures de protection sociale et un accès facilité aux dispositifs de financement.

Lors du dernier Conseil des ministres, le Président de la République Abdelmadjid Tebboune a validé une série de mesures destinées aux jeunes exerçant une activité d’importation non déclarée. Ces opérateurs seront désormais considérés comme des "agents économiques", statut qui leur donne un cadre légal d’exercice et leur permet d’intégrer le régime de l’auto-entrepreneur.

Ce changement leur ouvre l’accès à un ensemble de droits : affiliation à la sécurité sociale, bénéfice d’un régime fiscal simplifié et possibilité de solliciter des financements bancaires. L’objectif est de leur offrir une stabilité juridique tout en facilitant leur contribution à l’économie nationale.

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Création d’un cadre réglementaire précis

Une commission interministérielle, présidée par le Premier ministre, a été chargée de définir les modalités d’application. Elle devra établir une liste de produits autorisés à l’importation dans ce cadre, élaborer un régime fiscal adapté à la nature de l’activité, et proposer une procédure d’enregistrement numérique pour suivre l’évolution des opérateurs.

L’approche retenue repose sur la simplification administrative et la réduction des risques liés à l’exercice illégal : saisies de marchandises, poursuites judiciaires ou blocages douaniers. En instaurant des règles claires, l’État cherche à encourager la formalisation d’un secteur jusque-là opaque.

Organiser le marché et élargir l’assiette fiscale

Selon Oussama Arbaoui, président de la Commission des finances de l’Assemblée populaire nationale, cité par Echourouk, cette régularisation permet non seulement de sécuriser les parcours professionnels des jeunes, mais aussi de mieux contrôler l’approvisionnement du marché local. L’encadrement de l’importation par cabas pourrait ainsi participer à une meilleure régulation des prix, en limitant les distorsions liées à la concurrence déloyale.

L’intégration de ces activités informelles dans le périmètre légal permettra également à l’administration fiscale d’élargir l’assiette des recettes, tout en garantissant une traçabilité accrue des opérations commerciales.

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Mise en œuvre progressive et accompagnement ciblé

L’État prévoit de mettre en place un système numérique de déclaration et de gestion des opérateurs. Cette plateforme centralisée servira à l’identification, au suivi des activités et à la gestion des droits sociaux associés. Parallèlement, des campagnes de sensibilisation seront lancées pour informer les jeunes des nouvelles procédures et des avantages offerts.

Les services fiscaux, les douanes et les caisses sociales seront mobilisés pour garantir une mise en œuvre cohérente et fluide. L’enjeu est de créer un environnement favorable à l’intégration sans générer de charges administratives excessives.


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