Accord BID-Algérie : ce que signifient vraiment les 3 milliards annoncés

Le président de la Banque islamique de développement (BID), Muhammad Sulaiman Al-Jasser, a tenu à clarifier les informations ayant circulé récemment concernant l’accord de coopération signé avec l’Algérie. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, il a apporté des précisions importantes sur la nature du cadre de coopération conclu entre les deux parties pour la période 2025-2027.

Contrairement à certaines interprétations relayées ces derniers jours, M. Al-Jasser a affirmé que les 3 milliards de dollars mentionnés ne représentent ni un prêt ni un financement imposé. Il s’agit, selon lui, d’un plafond indicatif de ressources mobilisables, que l’Algérie pourra choisir d’utiliser, ou non, en fonction de ses besoins.

Algérie - BID : ni prêts, ni financements

« Je n'ai pas parlé ni de prêts ni même de financements. J'ai seulement indiqué qu'il existait un cadre de coopération entre l'Algérie et la BID, avec un plafond de 3 milliards de dollars sur 3 ans, au cas où l'Algérie déciderait de bénéficier de ces montants », a-t-il précisé, relayé par l'agence officielle APS.

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Le président de la BID ajoutera avec précision : « C'est ce que nous faisons avec la majorité des pays membres pour encadrer les modalités de coopération future et d'y inclure des options possibles, qui dépendent néanmoins des besoins du pays et de ses décisions. C'est tout ce qui a été dit. Le reste n'est que interprétations erronées ».

Cette mise au point intervient dans un contexte où la politique de non-recours à l’endettement extérieur, défendue par le président Abdelmadjid Tebboune, reste un pilier de la stratégie économique nationale. Le ministre Bouzred a d’ailleurs remercié le président de la BID pour avoir dissipé toute confusion autour du sujet, en réaffirmant que l’Algérie garde le contrôle total sur ses choix financiers.

Pour un partenariat renforcé dans plusieurs domaines clés

Le cadre stratégique signé entre le gouvernement algérien et la BID prévoit un partenariat renforcé dans plusieurs domaines clés, notamment la diversification économique, le développement des infrastructures, le soutien au secteur privé et la compétitivité. Il inclut aussi quatre axes transversaux : promotion de la finance islamique, adaptation au changement climatique, autonomisation des jeunes et des femmes, et développement des compétences.

M. Al-Jasser a souligné que l’Algérie bénéficiait d’un statut particulier au sein de la BID et a salué les conditions d’organisation des Assemblées annuelles de la Banque, qui se sont déroulées à Alger du 19 au 22 mai sous le haut patronage du Chef de l'Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune. Ce nouveau partenariat marque ainsi une étape stratégique dans la relation entre l’Algérie et la BID, en misant sur la flexibilité, le respect de la souveraineté nationale et l’accompagnement ciblé du développement économique.

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