Aïd el Adha : des Marocains rejettent l’interdiction royale

À quelques jours de l’Aïd el Adha, plusieurs points de vente non autorisés de moutons ont été repérés dans la région de Salé. Ces activités illégales se multiplient malgré la décision formelle du roi Mohammed VI de suspendre, cette année, le rituel du sacrifice.

L’interdiction royale vise à limiter la pression sur le cheptel national, touché par une crise, avait expliqué le roi Mohammed VI. Dans les faits, une partie de la population continue de se procurer des moutons, souvent par des circuits parallèles.

Une mesure royale liée à la situation du cheptel

Le 20 mai 2025, le roi Mohammed VI a appelé les Marocains à renoncer exceptionnellement au sacrifice rituel de l’Aïd el Adha. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de rareté du cheptel et de hausse des prix. La sécheresse prolongée, combinée à l’augmentation du coût des aliments pour bétail, a entraîné une diminution significative du nombre de têtes disponibles à l’échelle nationale.

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Face à cette situation, l’État a décidé de suspendre le rituel pour préserver les ressources animales et éviter une flambée des prix qui aurait exclu une partie des ménages les plus modestes. La mesure concerne l’ensemble du territoire et s’applique de manière stricte depuis le début du mois de juin.

Des points de vente illégaux

À Salé, plusieurs marchés informels ont été identifiés. Ils fonctionnent en dehors de tout cadre réglementaire. Dans certains cas, des fermes servent de lieux de vente dissimulés. Les transactions ont lieu discrètement, parfois sous couvert d’événements familiaux tels que des mariages ou des naissances.

Selon les autorités locales, cette pratique constitue une infraction directe aux mesures de suspension édictées par l’administration préfectorale pour la fête de l'Aïd el Adha. Des commissions de contrôle mixtes, composées de vétérinaires, de policiers et d’agents municipaux, ont été mises en place pour repérer et démanteler ces circuits clandestins.

Un encadrement administratif en tension

Les services vétérinaires sont mobilisés pour vérifier la conformité des élevages et empêcher toute transaction non déclarée à l'occasion de l'Aïd el Adha. Les forces de l’ordre ont également reçu pour consigne de renforcer leur présence dans les zones sensibles, en particulier dans les faubourgs de Rabat, Salé et Témara. Malgré cela, les moyens logistiques restent limités face à la multiplication des points de vente temporaires. Les contrôles ciblent en priorité les axes routiers, les marchés permanents et les lieux connus pour héberger des transactions animales. Mais la capacité de l’administration à couvrir l’ensemble du territoire reste contrainte, notamment en zone rurale.

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Le sacrifice rituel du mouton, au cœur de la célébration de l’Aïd el Adha, reste une pratique fortement ancrée dans la culture marocaine. Pour de nombreuses familles, il ne s’agit pas seulement d’un acte religieux, mais aussi d’un marqueur social et familial. Dans ce contexte, la décision de renoncer au sacrifice est vécue comme une rupture. Certains citoyens choisissent donc de contourner l’interdiction, estimant que le respect de la tradition prime sur les consignes exceptionnelles.


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