Gaza sous les bombes : une frappe meurtrière ravive l'indignation internationale

Le 26 mai 2025, une frappe aérienne israélienne a ciblé une ancienne école transformée en centre d’accueil pour déplacés dans le quartier d'Al-Daraj, en plein cœur de la ville de Gaza. Selon les autorités locales, au moins 33 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées dans ce raid.

Cet épisode s’inscrit dans une journée particulièrement sanglante au cours de laquelle 52 personnes auraient péri dans différents bombardements menés par l’armée israélienne. Israël affirme que l’établissement visé abritait des combattants du Hamas et des caches d’armes, ce que démentent les autorités palestiniennes, dénonçant une attaque aveugle contre des civils.

Ce n’est pas la première fois qu’une école, souvent utilisée comme refuge faute de mieux, est prise pour cible dans le cadre de l’offensive israélienne en cours, déclenchée à la suite des attaques du 7 octobre 2023. La situation humanitaire sur place continue de se détériorer. Selon les Nations unies, plus de 1,7 million de personnes ont été déplacées à Gaza depuis le début du conflit, et les infrastructures médicales sont au bord de l'effondrement. Jean-Pierre Filiu, historien spécialiste du Moyen-Orient récemment rentré de Gaza, témoigne d’un « décalage insupportable entre la souffrance vécue par les civils et la perception extérieure », appelant à une prise de conscience urgente de la communauté internationale.

Politique Maroc : ce que l’on sait des tensions rapportées autour du palais de Mohammed VI

Pressions diplomatiques croissantes : Madrid mobilise les capitales

Face à cette spirale de violence, l’Espagne a intensifié son rôle diplomatique en organisant, le 25 mai, une réunion exceptionnelle à Madrid réunissant des représentants de plusieurs pays européens et arabes ainsi que des organisations internationales. Cette initiative vise à coordonner une pression collective sur Israël pour parvenir à un cessez-le-feu durable.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré que la communauté internationale devait « aller au-delà des simples déclarations de condamnation » et travailler à une résolution concrète du conflit. Parmi les options envisagées figurent des sanctions diplomatiques ciblées, un soutien renforcé à la Cour pénale internationale et un engagement pour relancer les négociations autour de la solution à deux États. L’Espagne, avec l’Irlande, la Slovénie et la Norvège, figure parmi les pays européens qui ont récemment annoncé leur reconnaissance prochaine de l’État de Palestine, dans une tentative de rééquilibrer une situation jugée de plus en plus intenable.

Une impasse sanglante

Alors que les bombardements se poursuivent, la fracture entre le terrain et les instances internationales semble se creuser. Si les appels au cessez-le-feu se multiplient, aucun accord durable n’est en vue. Le Conseil de sécurité des Nations unies reste divisé, paralysé par des intérêts divergents. En attendant, Gaza continue de payer un prix humain dévastateur. Pour les civils pris au piège, la trêve semble encore bien lointaine.

L'aide humanitaire face à des obstacles majeurs

Malgré les appels répétés à un cessez-le-feu humanitaire, l’aide humanitaire à Gaza peine à atteindre les populations civiles de Gaza. Les convois des ONG internationales, du Croissant-Rouge et des agences onusiennes sont souvent bloqués ou retardés aux points de passage. Les autorités israéliennes invoquent des raisons de sécurité pour limiter l’entrée de certains produits, tandis que les humanitaires dénoncent un encerclement de facto du territoire.

Politique L’Algérie participe à un exercice naval dirigé par les États-Unis en Méditerranée

Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur un risque de famine, tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie la situation de « catastrophe sanitaire imminente ». Les pénuries de médicaments, d’eau potable, de carburant et de nourriture s’aggravent de jour en jour. Médecins Sans Frontières rapporte que plusieurs hôpitaux ont cessé de fonctionner faute d’équipements et d’énergie. Des pays comme le Qatar, la Jordanie et la Turquie ont tenté d’acheminer de l’aide humanitaire par voie aérienne ou maritime, mais ces efforts restent ponctuels et symboliques. La communauté internationale réclame la mise en place urgente de couloirs humanitaires sécurisés et durables.


Vous aimez cet article ? Partagez !