Une famille intégrée, des enfants à l’école… mais une expulsion annoncée pour cette famille algérienne

En Seine-Maritime, une famille algérienne installée depuis cinq ans à Canteleu, près de Rouen, se bat contre une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Pourtant parfaitement intégrée, avec deux enfants scolarisés depuis leur arrivée en France, cette famille incarne le paradoxe des politiques migratoires françaises. Une mobilisation citoyenne et associative s'organise pour empêcher leur expulsion prévue cet été.

Arrivés en France en 2019 avec leurs deux enfants, Massinissa, 10 ans, et Salem, 11 ans, Hamid et Souhila ont quitté l'Algérie alors qu'ils y occupaient des postes stables, comme le rapporte France 3. Lui travaillait pour un groupe pétrolier, elle était enseignante à l'université. Installés à Canteleu (Seine-Maritime) grâce à des proches, ils n'ont cependant pas réussi à régulariser leur situation malgré leurs multiples démarches.

Scolarisés depuis la maternelle à l'école Monet, les enfants "ont pris de plein fouet" l'annonce de l'OQTF, selon Marceau Privat, conseiller syndical FSU SNUIPP. "Ils nous disaient qu'ils allaient être obligés de retourner en Algérie", témoigne-t-il au média français. Un déchirement pour ces francophones : "Le français est interdit à l'école en Algérie", souligne Hamid, alors que son fils Salem doit entrer en 6e à la rentrée prochaine.

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Un combat judiciaire et citoyen

Le tribunal administratif de Rouen a rejeté leur demande de titre de séjour, mais leur avocat a fait appel. La décision du tribunal de Douai est attendue dans les semaines à venir. Entre-temps, une pétition en ligne et un goûter solidaire organisé le 15 mai devant l'école Monet ont rassemblé parents d'élèves et membres du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF). Le maire de Canteleu, Tom Delahaye, a également envoyé un courrier de soutien à la préfecture.

Bénévole au Secours catholique, Hamid dénonce une politique "qui ne fait plus du cas par cas". La famille espère bénéficier de l'ancienne circulaire Valls, plus favorable que celle du ministre Bruno Retailleau. "Ces enfants ont une ouverture d'esprit impressionnante", insiste Marceau Privat, évoquant des parents "impliqués" qui emmènent leurs fils au musée. Une intégration qui rend leur expulsion d'autant plus incompréhensible aux yeux de leurs soutiens.

Les représentants de parents d'élèves rencontreront prochainement le maire pour maintenir la pression. En attendant, la famille algérienne vit au rythme des consultations de leur avocat, espérant une issue favorable pour "pouvoir travailler et offrir un avenir stable" à leurs enfants.


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