Le Québec pourrait réduire significativement son seuil d’immigration permanente dès 2026, une décision qui impactera directement les Algériens et autres ressortissants étrangers souhaitant s’y installer. Le gouvernement de la province étudie même un scénario limitant les admissions à 25 000 personnes par an, une chute de plus de 60 % par rapport aux chiffres actuels. Les travailleurs temporaires à Montréal et Laval seraient aussi touchés par des restrictions renforcées.
Selon des informations révélées par Le Journal de Québec, trois options sont actuellement à l'étude pour la période 2026-2029 : 25 000, 35 000 ou 45 000 immigrants permanents admis chaque année. Ces chiffres représentent une baisse significative par rapport aux 64 000 entrées prévues pour 2025. Le ministre de l'Immigration, Jean-François Roberge, lancera cette réflexion jeudi prochain, en déposant un cahier de consultation devant l'Assemblée nationale.
Cette décision s'inscrit dans un contexte de forte pression démographique, avec un nombre record de 616 552 résidents temporaires recensés au Québec au 1er janvier 2025. « La situation actuelle n'est plus tenable », a déclaré le ministre, précisant que l'immigration temporaire serait désormais intégrée dans la planification des seuils - une nouveauté dans la gestion québécoise des flux migratoires.
Montréal et Laval particulièrement touchées
Les travailleurs étrangers établis dans la région métropolitaine seront les premiers impactés par ces nouvelles mesures. Le gouvernement prévoit en effet une réduction pouvant atteindre 50% du nombre de permis délivrés à Montréal et Laval, deux villes qui concentrent une importante communauté algérienne. Cette décision s'explique notamment par des problèmes de saturation des infrastructures et des difficultés d'intégration linguistique.
Jean-François Roberge a toutefois tenu à nuancer cette approche en distinguant les travailleurs installés en région, qu'il juge « mieux intégrés », des migrants temporaires gérés par le gouvernement fédéral. « Nous n'avons aucune visibilité sur leur situation professionnelle ou leur maîtrise du français », a-t-il souligné, annonçant que Québec demanderait à Ottawa de plafonner à 200 000 le nombre de résidents temporaires sous sa juridiction.
Un enjeu électoral majeur
À un an des prochaines élections provinciales, la question migratoire s'impose comme un thème central du débat politique. La Coalition Avenir Québec (CAQ) cherche visiblement à reprendre l'initiative face au Parti Québécois, qui militait depuis 2022 pour un seuil maximal de 35 000 immigrants annuels.
Pourtant, l'histoire récente montre que le Québec a rarement respecté ses propres limites. Depuis 2018, les objectifs ont été dépassés presque chaque année, à l'exception de 2019 et de la période pandémique. « Cette fois sera différente », assure Jean-François Roberge, promettant que les nouvelles cibles seraient strictement appliquées.
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Quelles conséquences pour les candidats algériens ?
Pour les Algériens envisageant une immigration au Québec, ce tournant politique signifie une sélectivité accrue. Les étudiants étrangers, qui bénéficiaient jusqu'ici de parcours facilités via le Programme de l'expérience québécoise (PEQ), devront désormais prouver leur maîtrise du français et leur intégration professionnelle.
Les travailleurs qualifiés hors région métropolitaine conserveront de meilleures chances, mais devront composer avec des délais de traitement allongés. Quant aux demandeurs fédéraux, ils risquent de se heurter à des critères plus stricts, alors qu'Ottawa et Québec tentent de coordonner leurs politiques migratoires.