Face à la montée du déficit du système des retraites, le Conseil d’orientation des retraites (COR) propose plusieurs mesures pour rétablir l’équilibre financier à long terme. Avec un déficit estimé à 1,4 % du PIB en 2070, le système des retraites doit faire face à des défis structurels majeurs, notamment le vieillissement de la population.
Dans son dernier rapport, le Conseil d'orientation des retraites (COR) a recommandé de repousser l'âge de départ à la retraite à 66 ans d'ici 2070 pour garantir la viabilité du système de retraite. Cette proposition vise à contrer un déficit croissant, estimé à 1,4% du PIB à long terme, et s'ajoute aux réformes déjà en place, comme la réforme de 2023 qui prévoit un départ à 64 ans.
Le rapport du COR met en lumière quatre principales solutions pour rééquilibrer le système à l'horizon 2030, dont l’augmentation de l’âge de départ. Selon le COR, cette mesure aurait un impact économique positif, en augmentant le taux d'emploi et en stimulant le PIB par habitant. Voici les quatre principales pistes proposées par le COR pour stabiliser les finances de ce système essentiel.
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Recul de l’âge de départ à la retraite
L'une des mesures phares proposées par le COR pour rééquilibrer le système des retraites est le recul de l’âge de départ à la retraite. Actuellement fixé à 64 ans dans le cadre de la réforme de 2023, l'âge de départ devrait être progressivement augmenté pour atteindre 66 ans en 2070. Le COR estime qu’un tel recul permettrait d’augmenter le taux d’emploi et de stimuler le PIB par habitant. Cette mesure vise à répondre à la baisse des cotisations, liée au vieillissement démographique, tout en réduisant la pression sur le financement des pensions. Si cette solution s’avère efficace à long terme, elle suscite néanmoins des résistances, notamment de la part des syndicats, qui considèrent cette réforme comme une diminution des droits des travailleurs.
Augmenter les contributions des salariés
L'augmentation des contributions des salariés constitue une autre piste proposée pour rééquilibrer le système. Cette mesure viserait à accroître les recettes du système des retraites. Toutefois, elle soulève des interrogations concernant son impact sur le pouvoir d’achat des travailleurs. L’augmentation des cotisations salariales pourrait entraîner une réduction du revenu net, limitant ainsi la consommation des ménages et freinant la croissance économique. Bien que le COR considère cette option comme nécessaire pour financer le système, elle pourrait avoir un effet négatif sur la demande globale et, à terme, sur l’activité économique.
Augmenter les contributions des employeurs
Le renforcement des contributions des employeurs est une autre proposition envisagée par le COR pour maintenir l’équilibre du système des retraites. En augmentant leur part de financement, cette mesure chercherait à alléger la charge sur les salariés. Cependant, elle pourrait entraîner une hausse du coût du travail, avec des conséquences potentiellement négatives pour la compétitivité des entreprises, notamment des PME. Si le coût du travail augmente, certaines entreprises pourraient être dissuadées d’embaucher, ce qui risquerait de réduire l’offre d’emploi et de ralentir l’activité économique. Cette solution, tout comme l’augmentation des cotisations salariales, est donc jugée récessive par le COR, car elle pourrait nuire à la croissance du PIB.
Modérer la progression des pensions nettes
Enfin, le COR propose de modérer la progression des pensions nettes, c’est-à-dire de limiter l’augmentation des pensions par rapport à l’inflation et à l’évolution des salaires. Cette mesure permettrait de maîtriser l’évolution des dépenses publiques liées aux retraites. Elle viserait à garantir un équilibre financier tout en évitant une diminution brutale du niveau de vie des retraités. Cependant, cette mesure soulève des inquiétudes sur le maintien du pouvoir d’achat des retraités, en particulier ceux qui dépendent de leurs pensions comme principale source de revenu.
64 ans ne suffira pas, le Conseil d’orientation des #retraites estime qu’il faudrait aller au moins jusqu’à 66 ans -*- https://t.co/Ypq5LMnK8L via @bfmbusiness #COR
— Dominique De BEVEC (@de_Bevec) June 7, 2025
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Risques économiques et sociaux
La pérennité du système des retraites repose avant tout sur un équilibre financier entre les recettes et les dépenses. Le vieillissement de la population, combiné à une diminution du nombre de cotisants par rapport aux retraités, constitue le principal défi auquel le système des retraites doit faire face. Le COR a identifié plusieurs leviers pour maintenir cet équilibre, mais chaque mesure comporte des risques économiques et sociaux. L'augmentation des contributions, par exemple, peut nuire au pouvoir d’achat et à la compétitivité des entreprises, tandis que le recul de l’âge de départ pourrait générer une résistance sociale importante.
Les propositions du COR visent à assurer la viabilité du système des retraites à long terme. Mais la question de leur mise en œuvre, notamment face aux résistances sociales, reste cruciale. Le gouvernement devra jongler avec des considérations économiques complexes et des enjeux sociaux majeurs pour trouver la meilleure solution pour l’avenir des retraites en France.
