L’Algérie vient de relancer un important programme de modernisation de son espace aérien, en coopération avec l’entreprise espagnole Indra, spécialisée dans les technologies de gestion du trafic aérien. Ce projet, signé en 2018 mais suspendu depuis, vise à remettre à niveau les systèmes de surveillance, de communication et de contrôle du pays.
Initialement conclu pour un montant de 47 millions d’euros, l’accord entre l’Établissement national de la navigation aérienne (ENNA) et Indra avait pour but de renouveler l’ensemble du dispositif national de navigation aérienne. Après plusieurs années de gel en raison de désaccords techniques, le projet a été réactivé à la faveur d’une réunion tenue à Alger, présidée par le ministre des Transports, Said Sayoud, en présence de l’ambassadeur d’Espagne.
La reprise de cette coopération intervient dans un contexte d’apaisement des relations bilatérales, ce qui facilite la relance des engagements industriels et technologiques entre les deux pays.
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Modernisation des centres de contrôle et de surveillance
Le projet prévoit la rénovation complète des centres de contrôle régionaux, à commencer par celui d’Alger. Un nouveau centre sera construit à Tamanrasset, destiné à renforcer la surveillance dans le sud du pays. Par ailleurs, les centres d’approche situés à Annaba, Constantine, Oran, Hassi Messaoud et Alger seront modernisés avec des systèmes plus performants de traitement et de coordination du trafic aérien.
Ces centres seront équipés d’un système intégré de gestion du trafic, similaire à ceux déployés en Europe par Indra, capable de traiter un plus grand volume de vols avec des marges de sécurité accrues.
Couverture radar et outils de surveillance avancés
Le volet radar du projet prévoit le déploiement de onze stations fixes à travers le territoire. Cela inclut quatre radars primaires et neuf radars secondaires. Treize stations de surveillance de type ADS-B (Automatic Dependent Surveillance – Broadcast) viendront compléter ce réseau pour permettre une couverture continue de l’espace aérien algérien, avec une précision accrue sur les trajectoires des appareils.
Ces équipements amélioreront la qualité du service de navigation aérienne et permettront une détection plus fine et en temps réel des mouvements aériens.
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Réseau de communication numérique interconnecté
La composante communication du programme repose sur la mise en place d’un réseau maillé, structuré autour de 27 stations satellitaires de type VSAT, une trentaine de stations VHF et une vingtaine de stations FH (à haute fréquence). Ces infrastructures garantiront la continuité des échanges entre les centres de contrôle et les avions, ainsi qu’entre les différents sites opérationnels. Les contrôleurs aériens seront dotés de postes de travail équipés du système de communication vocale numérique Garex 300, conçu pour offrir un haut niveau de fiabilité, de redondance et de qualité sonore.
Indra prévoit également, de fournir deux simulateurs de gestion du trafic aérien destinés à former les contrôleurs algériens à l’utilisation des nouvelles technologies. Cette phase de transfert de compétences est essentielle pour garantir la transition vers les nouveaux outils de régulation du trafic.
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