L’usine Renault Algérie, à l’arrêt depuis 2020, n’a toujours pas repris ses activités malgré les discussions en cours. Le président Abdelmadjid Tebboune a exposé, vendredi 18 juillet, les conditions indispensables à sa réouverture. Parmi les exigences formulées figure en priorité une augmentation significative du taux d’intégration locale.
Dans une entrevue avec des médias nationaux, le président Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la nécessité d’augmenter le taux d’intégration locale pour permettre la réouverture de l’usine Renault de Oued Tlelat, à Oran. Selon lui, le site n’a jamais dépassé un taux d’intégration de 5 % depuis son installation en 2014. « S’ils arrivent au taux d’intégration que nous demandons, ils vont rouvrir », a-t-il déclaré.
Renault Algérie doit augmenter son taux d'intégration
L’usine, spécialisée dans l’assemblage de véhicules à partir de kits SKD/CKD importés, a cessé ses activités en 2020 après la fin des avantages douaniers liés à ces importations. Depuis, Renault a multiplié les demandes d’agrément, mais celles-ci ont systématiquement été rejetées par les autorités algériennes, la dernière remontant à mars 2025.
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En 2022, une nouvelle réglementation encadrant le secteur automobile en Algérie a été mise en place. Renault s’était alors engagé à s’y conformer en investissant 15 milliards de dinars dans son usine de Oued Tlelat, comme l’avait annoncé Rémi Houillons, directeur général de Renault Algérie Production, en mai 2024. Cependant, les discussions sur le taux d’intégration restent un point de blocage.
L’arrivée d’autres constructeurs et la stratégie industrielle
Le président Tebboune a également évoqué l’installation prochaine d’autres grandes marques automobiles en Algérie, avec des taux d’intégration élevés dès le départ. « Il y a de grandes marques mondiales très intéressantes qui vont s’installer en Algérie avec un grand taux d’intégration dès le départ », a-t-il affirmé. Il a cité en exemple certains composants déjà produits localement et utilisés par l’usine Fiat d’Oran, comme les pneus Iris Tyres, les faisceaux électriques et les vitres.
L’objectif affiché est d’atteindre un taux d’intégration de 40 % pour certains véhicules produits en Algérie. Tebboune a souligné que cette approche permettrait de développer un réseau de sous-traitance à l’échelle nationale, créant ainsi des milliers d’emplois indirects. « Si l’usine automobile crée 2000 emplois, la sous-traitance créera 120'000 emplois », a-t-il expliqué.
Importation et priorité à la production locale
En attendant que la production locale couvre les besoins du marché, le président a indiqué que l’Algérie continuerait à importer des véhicules, mais de manière contrôlée. « On achète selon nos besoins. Ce n’est pas une priorité absolue », a-t-il précisé. Il a également insisté sur l’importance du service après-vente (SAV) comme critère d’importation « Celui qui ne dispose pas de réseau de service après-vente à travers le pays n’aura pas d’agrément », a-t-il affirmé.
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Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé sa volonté de mettre fin aux pratiques d’importation déguisée et de privilégier une production locale de qualité. « Je veux la production des voitures en Algérie avec des marques reconnues mondialement, dont la qualité est garantie pour le consommateur algérien », a-t-il conclu.
🇩🇿 Le président Tebboune sur l’usine Renault : « Ils sont là depuis 7 ans et n’ont même pas atteint 5 % de taux d’intégration » pic.twitter.com/wRcvRrzJI3
— LeLien (@LeLienofficiel) July 18, 2025
