Industrie automobile en Algérie : Tebboune fixe la nouvelle stratégie

L'Algérie accélère sa transition vers une industrie automobile nationale avec un cadre réglementaire renforcé. Lors du dernier Conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a tracé les contours d'une politique ambitieuse visant à faire du secteur un pilier de l'économie nationale. Cette refonte s'accompagne de mesures strictes pour éviter les dérives du passé.

Lors du Conseil des ministres tenu lundi 7 juillet 2025, le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé que l'octroi des agréments pour la fabrication et l'importation de véhicules relèverait désormais exclusivement de cette instance. Cette décision vise à "rompre avec le passé sombre de certains fraudeurs ayant exercé dans ce secteur avant 2019" indique un communiqué de la présidence de la République.

Le chef de l'État a particulièrement insisté sur la nécessité d'intégrer des entreprises algériennes de sous-traitance qualifiées dans l'ensemble de la chaîne de valeur automobile. Une attention spéciale a été portée sur les domaines de l'électrification et de la fabrication de pièces de rechange, avec l'ordonnance d'ouvrir ces segments aux industriels nationaux.

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Un objectif ambitieux : 12% du PIB

La nouvelle stratégie automobile algérienne affiche des ambitions économiques claires. Comme précisé dans le communiqué présidentiel, l'objectif est d'atteindre "une contribution d'au moins 12% au PIB" grâce à cette industrie émergente. Ce chiffre ambitieux s'inscrit dans le cadre plus large du développement d'une "industrie mécanique émergente".

Pour y parvenir, le président Tebboune a salué les "promoteurs de projets sincères" tout en établissant une distinction nette avec les pratiques frauduleuses observées avant 2019. Cette approche combine encouragement des investissements sérieux et contrôle renforcé des activités du secteur.

Priorité au contenu local et aux compétences nationales

L'accent a été mis sur le développement des capacités industrielles locales. Le communiqué du Conseil des ministres révèle plusieurs mesures clés : obligation d'intégrer des sous-traitants algériens qualifiés, ouverture du secteur de l'électrique aux entreprises nationales, et développement de la fabrication locale de pièces détachées.

Ces orientations stratégiques s'accompagnent d'une volonté affichée de créer une véritable filière industrielle plutôt que de se limiter à l'assemblage. "Poser les bases d'une industrie mécanique émergente" constitue, selon les termes mêmes du président Tebboune, l'objectif central de cette nouvelle politique.

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Une gouvernance recentrée sur le Conseil des ministres

La réforme introduit un changement majeur dans la gouvernance du secteur. Le transfert de compétences vers le Conseil des ministres pour toutes les décisions relatives aux agréments manifeste la volonté d'un contrôle étatique renforcé. Cette mesure répond aux dérives du passé tout en cadrant avec la nouvelle philosophie industrielle du pays.

La présidence de la République a particulièrement insisté sur la dimension qualitative des projets, privilégiant une approche durable et intégrée plutôt que le simple volume de production. Cette orientation devrait se concrétiser dans les prochains mois par des appels à projets ciblés et un suivi rigoureux des engagements des investisseurs.


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